Le droit à l'avortement menacé comme jamais aux États-Unis

Droit à l'avortement aux États-Unis : l'Oklahoma interdit l'IVG après six semaines de grossesse

Idèr Nabili avec AFP
Publié le 4 mai 2022 à 7h47
JT Perso

Source : TF1 Info

Au lendemain des révélations sur la volonté de la Cour suprême de revenir sur le droit à l'avortement, le sud des États-Unis verrouille déjà l'accès à l'IVG.
Le gouverneur de l'Oklahoma a interdit l'avortement après six semaines de grossesse, une des mesures les plus restrictives du pays.

Le droit à l'avortement de plus en plus restreint outre-Atlantique. Le gouverneur républicain de l'Oklahoma, dans le sud des États-Unis, a annoncé avoir signé une loi interdisant l'avortement après six semaines de grossesse, l'une des plus restrictives du pays, au lendemain des révélations sur la Cour suprême qui s’apprêterait à revenir sur ce droit au niveau fédéral. "Je représente la totalité des quatre millions d'habitants de l'Oklahoma qui, de manière écrasante, veulent protéger les enfants à naître", a écrit sur Twitter Kevin Stitt en promulguant le texte voté par le parlement de l'État jeudi dernier.

"Je veux que l'Oklahoma devienne l'État le plus pro-vie dans le pays", a-t-il poursuivi en utilisant l'expression consacrée par les Américains opposés à l'avortement. Le texte prévoit des exceptions médicales pour l'accès à l'avortement, mais pas en cas de viol ou d'inceste. Cet État conservateur accueillait depuis quelques mois des milliers de Texanes cherchant à avorter, après le passage d'un texte similaire dans cet État voisin.

Joe Biden rappelle son soutien au droit à l'IVG

Depuis septembre 2021 déjà, le Texas a mis en place une loi interdisant toute IVG à partir du moment où un battement de cœur de l'embryon est perceptible à l'échographie, soit quatre semaines environ à la suite de la fécondation. La légalité de textes similaires dans d'autres États est étudiée par la Cour suprême depuis plusieurs mois.

Mais, lundi soir, la publication par le journal Politico d'un projet de décision de la Cour suprême à ce sujet indique que l'institution fédérale serait sur le point de remettre aux États le pouvoir d'autoriser, ou non, les IVG, près de 50 ans après les avoir rendues légales dans tout le pays. La fuite de ce document, dont l'authenticité a été confirmée par la Cour qui a rappelé qu'il ne s'agissait pas de la décision définitive, a fait l'effet d'une bombe à Washington, et poussé le président démocrate Joe Biden à rappeler son soutien au droit à l'IVG.

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Si la plus haute juridiction venait à annuler la jurisprudence "Roe v. Wade", le pays reviendra à la situation d'avant 1973, lorsque chaque État était libre d'interdire ou d'autoriser l'avortement. Au total, 26 États conservateurs, pour la plupart dans le centre et le sud du pays comme le Wyoming, le Tennessee ou la Caroline du Sud, sont prêts à interdire l'avortement purement et simplement.


Idèr Nabili avec AFP

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