Les autorités américaines ont annoncé dimanche que trois de leurs soldats avaient été tués en Jordanie.
Une base militaire dans le désert a été visée par une attaque de drones.
La Maison Blanche évalue l'opportunité d'une riposte, tout en pointant du doigt la responsabilité de l'Iran.

"Aujourd'hui, l'Amérique a le cœur lourd. La nuit dernière, trois militaires américains ont été tués, et plusieurs blessés dans une attaque de drone sur nos forces basées dans le nord-est de la Jordanie." C'est par ces mots que Joe Biden a annoncé dimanche 28 janvier, via un communiqué, le décès de trois soldats en exercice sur une base militaire. Des pertes symboliques : il s'agit des premiers soldats militaires américains tués au Moyen-Orient depuis le déclenchement de la guerre entre Israël et le Hamas, le 7 octobre dernier.

Un lourd bilan humain

C'est une attaque de drones, menée en fin de nuit/début de matinée dimanche qui a causé le décès des trois soldats. Selon le commandement militaire américain au Moyen-Orient (Centcom), cette offensive a dans le même temps blessé au moins 34 personnes dans la base, un chiffre qui pourrait encore être revu à la hausse. Huit personnes ont dû être évacuées vers des centres de secours en Jordanie.

Les militaires visés étaient en poste au sein d'une base américaine située en plein désert, dans une zone frontalière de l'Irak et de la Syrie. Quelque 350 membres de l'armée de terre et de l'air assurent sur place des missions de soutien, dans le cadre – entre autres – de la lutte contre le groupe État islamique. En fin de journée dimanche, le gouvernement jordanien a indiqué que l'attaque n'a pas eu lieu sur son territoire, comme annoncé plus tôt par Washington. Selon un porte-parole, elle se serait plutôt déroulée sur une base militaire en Syrie, "près des frontières jordanienne et irakienne", ce que n'a pas confirmé le commandement américain. 

Une responsabilité iranienne suspectée par Washington

Une fois le bilan humain dressé, les autorités américaines ont évoqué l'identification des auteurs de cette attaque. "Nous savons que cela a été mené par des groupes de combattants radicaux soutenus par l'Iran opérant en Syrie et en Irak", a lancé Joe Biden. "N'ayez aucun doute : nous allons faire rendre des comptes à tous les responsables, quand et comme nous le voulons". 

Alors que ces actes étaient condamnés par l'Égypte et Bahreïn, le Royaume-Uni a appelé l'Iran à "la désescalade dans la région". Téhéran, clairement visé, se défend et nie toute implication. La république islamique "n'a aucun lien et n'a rien à voir avec l'attaque sur la base américaine", a affirmé sa représentation permanente à l'ONU. Elle évoque en revanche un "conflit entre les États-Unis et les groupes de résistance dans la région".

"Ces groupes répliquent aux crimes de guerre et au génocide commis du régime sioniste", a pour sa part expliqué le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Nasser Kanaani, faisant référence à Israël. "Ils décident de leurs actions sur la base de leurs propres principes", a ajouté l'intéressé. Sur son compte Telegram, on note d'ailleurs que la "Résistance islamique en Irak" a revendiqué l'attaque de drones. Cette entité est généralement décrite comme une nébuleuse de combattants issus de groupes armés pro-Iran.

La crainte d'une escalade des tensions

Pour le président Biden, de tels actes ne peuvent demeurer impunis. "N’ayez aucun doute, nous demanderons des comptes à tous les responsables en temps et en heure, de la manière que nous jugerons la plus adaptée", a-t-il réagi. Une apparente fermeté alors que dans la région, les installations militaires américaines sont régulièrement prises pour cibles. Au cours des derniers mois, on a dénombré pas moins de 158 attaques contre les forces américaines et de la coalition en Irak et en Syrie. Des volées de drones, de roquettes et de missiles généralement infructueuses, n'ayant pas causé de blessures graves aux soldats ni de dommages aux infrastructures.

Dans les rangs de l'armée américaine, on évite pour l'heure d'afficher une attitude belliqueuse. Avant le décès des trois militaires, de hauts dignitaires de l'armée indiquaient vouloir éviter de s'engager "sur la voie d'une plus grande escalade". Une représentante du Pentagone, interrogée par la presse outre-Atlantique, évoquait ainsi le risque d'"un conflit beaucoup plus vaste".

Aux États-Unis, l'opposition républicaine a réagi à l'attaque en pointant du doigt la Maison Blanche. Des élus taclent ainsi Joe Biden pour son "inaction" qui viendrait "enhardir les ennemis des États-Unis au Moyen-Orient". En parallèle, un haut responsable du Hamas a directement lié cette offensive contre des militaires à la campagne israélienne à Gaza. "Le meurtre de trois soldats américains est un message adressé à l'administration américaine : à moins que le massacre d'innocents à Gaza ne cesse, elle doit affronter la nation tout entière", a déclaré à Reuters Sami Abu Zuhri.


TD avec AFP

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