Du retrait des Etats-Unis à l'enrichissement d’uranium : le point sur la crise iranienne

La rédaction de LCI
Publié le 5 juin 2018 à 17h56
Du retrait des Etats-Unis à l'enrichissement d’uranium : le point sur la crise iranienne

Source : HO / IRANIAN PRESIDENCY / AFP

DIPLOMATIE - Téhéran a annoncé mardi 5 juin la mise en route d'un plan visant à augmenter sa capacité à enrichir l'uranium. Le dernier acte d'une crise qui ne cesse de s’accroître depuis le retrait des Etats-Unis de l’accord international sur le nucléaire du pays.

Retour à la case départ entre l'Iran et l'Occident ? En 2015, les membres du Conseil de sécurité de l'ONU (ainsi que l'Allemagne) parvenaient, au terme de plusieurs mois de négociations, à se mettre d'accord avec Téhéran. Grâce à l'accord de Vienne, l'Iran s'engageait à ne pas poursuivre ses recherches visant à se doter de l'arme nucléaire, en échange de quoi il bénéficiait d'une levée progressive et conditionnelle des sanctions économiques qui le frappaient. C'était sans compter l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, qui a annoncé le retrait des Etats-Unis, le 8 mai dernier. Un retrait qui a engendré une vague de réactions courroucées, diplomatiques mais aussi militaires.

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Trump sort de l'accord

Le 8 mai, le président américain annonce, comme prévu, le retrait total des Etats-Unis de l'accord, mais aussi le rétablissement des sanctions contre l'Iran ainsi que contre toutes les entreprises ayant des liens avec elle. L'administration américaine précise que les sanctions seront effectives immédiatement pour les nouveaux contrats et donne jusqu'à 180 jours aux entreprises étrangères pour cesser les activités avec l'Iran. Israël et l'Arabie saoudite soutiennent la décision de Donald Trump.

Le coup de sang des autres signataires

La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni répliquent : ils se disent "déterminés à assurer la mise en œuvre" du texte en "maintenant les bénéfices économiques" au profit de la population iranienne. La Russie dénonce "une violation grossière du droit international".  Le président iranien Hassan Rohani, lui, joue la carte du bras de fer en prévenant que son pays pourrait cesser d'appliquer les restrictions auxquelles il a consenti et reprendre un enrichissement d'uranium plus élevé si les négociations avec les Européens, les Russes et les Chinois ne devaient pas donner les résultats escomptés.

Israël frappe l'Iran en Syrie

Le 10 mai, l'armée israélienne entre en scène. Elle mène des dizaines de raids aériens meurtriers contre des cibles présentées comme iraniennes en Syrie. Elle affirme riposter à des tirs de roquettes "iraniennes" en provenance du territoire syrien contre la partie du plateau du Golan occupée par Israël. En Syrie, l'Iran soutient en effet militairement le régime de Bachar al-Assad dans sa guerre contre les rebelles et les djihadistes.

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Un nouveau marathon diplomatique débute

Le 12 mai, le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif réaffirme que l'Iran se prépare à reprendre "l'enrichissement industriel" d'uranium "sans aucune restriction", à moins que l'Europe ne fournisse de solides garanties de maintien des relations commerciales avec Téhéran. Il entame dès le lendemain une tournée diplomatique destinée à sauver l'accord. A Bruxelles, les Européens s'engagent à assurer à l'Iran des ressources économiques.

Le 18, la Commission européenne tente de contourner la décision américaine grâce à une procédure officielle visant à activer la "loi de blocage". Celle-ci permet de contrecarrer les effets extraterritoriaux des sanctions américaines pour les entreprises européennes voulant investir en Iran. Mais cela ne suffit pas car le 19 mai, le géant français de l'énergie Engie (ex-GDF Suez) annonce qu'il se désengagera de ses activités en Iran d'ici à novembre. Le groupe pétrolier français Total, lui, avait déjà indiqué qu'il ne mènerait pas à terme un projet gazier s'il n'obtenait pas une dérogation de Washington.

Des sanctions encore "plus fortes"

Le 21 mai, les Etats-Unis menacent l'Iran de sanctions "les plus fortes de l'Histoire" si Téhéran ne se plie pas à leurs conditions draconiennes pour conclure un "nouvel accord" beaucoup plus vaste, visant à réduire l'influence de l'Iran dans la région. Le 24, l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) indique que l'Iran continue de respecter l'accord de 2015. Le lendemain, à Vienne, l'Iran, les Européens, la Chine et la Russie se réunissent pour tenter de sauver l'accord. Téhéran souhaite que des garanties lui soient proposées d'ici fin mai. 

L'Iran notifie l'AIEA

Le 4 juin, l'Iran notifie à l'AIEA la mise en route d'un plan visant à augmenter sa capacité à enrichir l'uranium en accroissant le nombre de ses centrifugeuses. En parallèle, le constructeur PSA annonce se préparer à quitter l'Iran. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu entame une tournée en Europe destinée à convaincre les Européens d'infléchir leur position. Le 5, il dénonce le plan annoncé par Téhéran sur l'enrichissement d'uranium, réaffirmant que ce programme vise à "détruire l'Etat d'Israël".


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