TÉMOIGNAGE - Dans “Je voulais juste vivre”, Yeonmi Park, une Nord-coréenne de 21 ans, raconte comment elle a fui son pays en 2007 pour échapper à la misère et à la famine. Un témoignage fort sur la vie quotidienne dans le pays, la manière dont sont traités les réfugiés nord-coréens en Chine ou encore l'apprentissage de la liberté.

Yeonmi Park est née le 4 octobre 1993 en Corée du Nord. Précisément à Hyesan, à la frontière avec la Chine. Toute son enfance, elle a vécu du mauvais côté du Yalu, la rivière qui sépare les deux pays. Yeonmi vivait avec son père, sa mère et sa sœur aînée dans une maison où il n'y avait ni lumière ni chauffage, ni même un lit pour dormir. La nourriture était rare. Pour survivre, ses parents revendaient des produits achetés au marché noir.

Dans son livre Je voulais juste vivre (Editions Kero), elle donne un témoignage précieux sur la vie dans cette dictature tenue d'un main de fer à l'époque par Kim Jong-il, à qui Kim Jong-un, son fils, a succédé en 2011. Yeonmi raconte notamment comment le régime empêche les citoyens nord-coréens de penser par eux-mêmes, comment il contrôle tout ce qui est dit dans la rue et dans le cercle privé, comment il applique son droit de vie ou de mort sur un individu et sa famille. Dans les cahiers d'école, tout est affaire de propagande : on y adule la famille régnante et on hait les "méchants Yankees". Le rare apprentissage du monde extérieur se fait grâce aux films piratés ou jeux vidéo qui circulent au marché noir.

En mars 2007, à l'âge de 13 ans, Yeonmi décide avec sa mère de franchir le Yalu pour rejoindre la Chine et retrouver sa soeur qui a effectué le même chemin quelques jours plus tôt. Poussées par la faim, par les lumières de la ville chinoise de Changbai, les deux femmes ignorent cependant tout de ce qui les attend de l'autre côté de la rive. A leur arrivée, elles sont immédiatement livrées à des passeurs sans scrupule, vendues pour quelques dollars et violées. Elles traversent plusieurs années d'épreuves et de tortures avant de rejoindre, enfin, la Corée du Sud.

Corée du Nord : la vie en autarcieSource : JT 20h WE

S'intégrer dans une société libre dont elle ignore les codes

Mais là encore, le chemin vers la liberté est long. Il faut apprendre à vivre, s'intégrer dans une société dont on ignore tous les codes. Dans cette optique, Yeonmi lit beaucoup, apprend l'anglais, gomme son accent nord-coréen. 

Aujourd'hui, la jeune femme donne des conférences à travers le monde et est l'une des dissidentes nord-coréennes les plus influentes. 


Justine FAURE

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