Egypte : quand la police traque les homosexuels avec Grindr

Le service METRONEWS
Publié le 9 septembre 2014 à 17h46
Egypte : quand la police traque les homosexuels avec Grindr

DROITS LGBT – L'application au succès mondial Grindr, qui favorise les rencontres entre homosexuels, a modifié son système de localisation afin de protéger ses utilisateurs dans plusieurs pays. La police utilisait en effet l'application pour arrêter des homosexuels, notamment en Egypte.

Une faille de sécurité qui peut coûter des vies. Grindr, l'application pour smartphones qui permet de faciliter les rencontres entre homosexuels, a été contraint de modifier son système de sécurité depuis vendredi dans plusieurs pays. L'Egypte, la Russie et l'Arabie Saoudite figurent notamment sur cette liste dont le détail n'a pas été communiqué. Des Etats qui ont tous un point commun : l'homosexualité y est passible de prison, de châtiments corporels ou même de mort. Et où les autorités locales n'ont parfois pas hésité à utiliser l'application pour traquer les homosexuels et les prendre "en flagrant délit".

Avec quatre millions d'utilisateurs dans plus de 192 pays, Grindr constitue en effet un immense réseau gay où les autorités sont susceptibles de trouver des informations. Chaque utilisateur a son profil, avec un pseudo, une photo et un petit texte de présentation. Le système de géolocalisation permet d'afficher les autres gays proche de soi. Problème : une faille de sécurité, récemment mise au jour par les médias américains, permet au tout-venant non-inscrit de retrouver un utilisateur avec toutes les données qu'il a renseignées (âge, photo, taille, etc.) et de le localiser sur une carte. Une "faille" qu’aurait déjà exploité la police dans plusieurs pays ces derniers mois.

L'homosexualité, une "déviance" en Egypte

En Egypte, "il y a eu un nombre croissant d'arrestations liées à cette application ces derniers mois, assure une source proche du milieu gay au journal égyptien Cairoscene . La police utilise une technique de triangulation pour les localiser". Dans ce pays, où l'homosexualité est assimilée par la loi à une "déviance" et une "débauche", les réseaux sociaux se sont transformés en véritable "terrain de chasse" pour les policiers. Ce samedi encore, sept hommes ont été arrêtés pour être apparus dans la vidéo d'un mariage gay relayé sur les réseaux sociaux.

Considérant que l'utilisation de Grindr puisse donc constituer une menace pour ses utilisateurs, ses responsables ont récemment annoncé "avoir pris des mesures préventives pour garantir la sécurité de ses utilisateurs". Dans sept pays, "la localisation n'est désormais plus visible sur les profils en dessous d'un mile (1,6 kilomètres)". Renonçant de céder à la panique, un porte-parole de la communauté gay en Egypte recommande sur sa page Facebook à tous les utilisateurs d’être "extrêmement prudents".

Le danger n'empêche pas le succès. Lors des Jeux olympiques de Sotchi , en février dernier en Russie, le nombre d'abonnés sur Grindr avait explosé dans le village olympique . Et ce, malgré la récente loi contre la "propagande homosexuelle" instaurée par le Kremlin en juin 2013.


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