Présidentielle américaine 2024 : après le Colorado, un deuxième État juge Donald Trump "inapte" à la présidence

par N.K avec AFP
Publié le 29 décembre 2023 à 7h33, mis à jour le 7 janvier 2024 à 12h55

Source : TF1 Info

L'État du Maine a déclaré jeudi que Donald Trump n'était "pas apte" à la fonction de président.
Une décision prise en lien avec l'assaut du Capitole en 2021.
Le Colorado a également jugé l'ancien président américain "inéligible" pour 2024.

Un autre obstacle majeur dans sa course à la Maison Blanche. L'État américain du Maine a annoncé, jeudi 28 décembre, que Donald Trump ne figurerait pas sur les bulletins de la primaire républicaine en vue de la présidentielle aux États-Unis en 2024. Une décision prise en lien avec l'assaut du Capitole en 2021 et qui intervient une semaine après celle, similaire, prise par le Colorado. La décision du Maine, comme celle du Colorado, ne porte à ce stade que sur les primaires républicaines tenues dans les deux territoires, prévues le 5 mars parmi une quinzaine d'États, lors du "Super Tuesday".

L'assaut du Capitole commis "avec le soutien du président sortant"

"Il n'est pas apte à la fonction de président" au titre du 14e amendement de la Constitution, qui exclut de toute responsabilité publique les personnes s'étant livrées à des actes d'"insurrection", a déclaré dans un document officiel la secrétaire démocrate de l'État du Maine Shenna Bellows, chargée de l'organisation des élections.

"Je n'arrive pas à cette conclusion à la légère", a-t-elle confié dans ce document, estimant que l'assaut du Capitole, siège du Congrès américain, a été commis "sur ordre, en toute connaissance et avec le soutien du président sortant". La décision sera "suspendue" en cas de contestation judiciaire, a-t-elle précisé. Ce qui devrait être le cas, le porte-parole de Donald Trump ayant annoncé, dans la foulée, la volonté du milliardaire républicain de contester en justice la décision. Cette dernière pourrait faire l'objet d'un recours final devant la Cour suprême des États-Unis. 

Une décision condamnée par plusieurs élus

Donald Trump a rapidement condamné une décision prise selon lui par "une gauchiste radicale", "ardente partisane" de Joe Biden, l'actuel président et prochain candidat démocrate, sauf surprise, à l'élection de 2024. "Nous assistons en direct à une tentative de vol d'une élection et à la privation du droit de vote de l'électeur américain", a encore dénoncé Donald Trump via son équipe de campagne.

L'ancien président avait remporté en 2020 l'un des grands électeurs (chargés d'élire le président et le vice-président américain) du Maine, et la décision de Shenna Bellows, si elle est effectivement appliquée, serait donc porteuse de lourdes conséquences en cas de présidentielle serrée.

Pour Ron DeSantis, gouverneur de Floride et rival de Trump pour la primaire républicaine, "cela ouvre la boîte de Pandore". "Un secrétaire d'État républicain pourrait-il disqualifier Biden pour l'élection ? Car il a laissé 8 millions de personnes entrer illégalement", a-t-il déclaré, évoquant la crise migratoire à la frontière entre les États-Unis et le Mexique. Côté démocrate, Jared Golden, élu du Maine à la Chambre des représentants a, lui aussi, critiqué cette décision. "Nous sommes une nation de droits, et donc, tant qu'il n'est pas reconnu coupable, il devrait être autorisé dans le scrutin", a-t-il estimé sur X, indiquant avoir voté en faveur d'une mise en accusation de l'ancien président pour son rôle dans l'assaut du Capitole.

Donald Trump inculpé

Pour rappel, le 6 janvier 2021, des centaines de partisans l'ancien président républicain avaient violemment pris d'assaut le Capitole, sanctuaire de la démocratie américaine, pour tenter d'y empêcher la certification de la victoire de son adversaire démocrate Joe Biden. Donald Trump et ses plus fervents partisans contestent toujours, sans preuve, les résultats de l'élection de 2020.

L'homme d'affaires a été inculpé le 1er août au niveau fédéral puis le 14 août par l'État de Géorgie, accusé d'avoir tenté d'obtenir l'inversion des résultats de l'élection de 2020. Plusieurs procédures ont été lancées dans divers États du pays pour barrer la route au favori des primaires républicaines. 


N.K avec AFP

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