Midterms 2022 : la vague républicaine n'a pas eu lieu

Élections américaines 2022 : pourquoi l'Ukraine s'inquiète du résultat des Midterms

par Frédéric SENNEVILLE
Publié le 7 novembre 2022 à 18h31, mis à jour le 8 novembre 2022 à 7h32
JT Perso

Source : TF1 Info

Le soutien américain à l'Ukraine est-il menacé par les résultats des Midterms ?
Les républicains ne veulent pas signer de "chèque en blanc" pour Kiev.
En cas de majorité au Congrès après le 8 novembre, l'aide américaine pourrait être fragilisée.

C'est de Kevin McCarthy qu'est venue la déclaration qui inquiète Kiev. Ce vieux baron du parti républicain, qui pourrait devenir le président de la Chambre des représentants après les élections du 8 novembre, a récemment signifié que son camp ne "signerait pas de chèque en blanc pour l'Ukraine", en cas de victoire. 

L'aide financière à Kiev en péril ?

Les États-Unis sont le principal soutien financier et militaire de l'Ukraine, loin devant les contributeurs européens, depuis le début de l'invasion russe en février dernier. Cette politique volontaire du président Joe Biden, cruciale durant la contre-offensive menée avec succès depuis septembre, pourrait pourtant être remise en cause en cas de victoire républicaine aux élections de mi-mandat. 

Avec le renouvellement de la totalité de la Chambre des représentants, et du tiers du Sénat, le camp démocrate pourrait en effet perdre sa majorité dans l'une ou l'autre, voire les deux. Et les dernières déclarations républicaines ne sont guère rassurantes pour les Ukrainiens.

"America First !"

"Nous ne pouvons pas poursuivre une dépense illimitée pour un pays étranger, alors que chez nous, notre peuple lutte pour se débrouiller", avait ainsi tweeté Jim Banks le 20 octobre dernier. Le député de l'Indiana promettait alors qu'une Chambre des représentants dirigée par les républicains placerait les besoins de l'Amérique en premier. 

"America First !". C'est aussi ce que promet Marjorie Taylor Greene, une députée de l'Indiana adepte des théories conspirationnistes, mais de moins en moins marginalisée dans le parti, dont elle pourrait même revendiquer la place de n°2 si les candidats trumpistes les plus radicaux faisaient leur entrée au Congrès. Pour elle, "plus un seul penny supplémentaire" ne sera accordé à l'Ukraine, en cas de victoire républicaine le 8 novembre, déclarait-elle récemment dans un meeting à Sioux City (Iowa).

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Randu Yalloz, un responsable des républicains de l'étranger interrogé sur le plateau de LCI, modérait un peu la portée réelle de ces dernières déclarations de membres de son parti (voir son intervention dans la vidéo en tête d'article). Pour lui, "ne pas signer un chèque en blanc à l'Ukraine" signifie surtout exiger de la transparence des plans de soutien décidés par l'administration Biden. "La plupart des républicains soutiennent la guerre, ils sont derrière les Ukrainiens", rappelle cet avocat de métier. Quant aux déclarations les plus outrancières d'une Marjorie Taylor Green, il l'attribue à la campagne électorale, et estime qu'elle est "minoritaire sur ce point".

Interrogée il y a quelques jours par TF1info, la spécialiste des États-Unis Nicole Bacharan estimait, elle aussi, que ce type de promesses de campagne ne seraient pas tenues par les républicains, dont elle rappelait l'ADN fortement anti-russe, hérité de la Guerre froide. "Les crédits qui ont été votés, les républicains ne reviendront pas dessus", estimait-elle, et leur déploiement est loin d'être achevé. Mais l'inflation galopante, qui affecte durement le pouvoir d'achat des Américains, pourrait amener à une révision de cette politique, prévenait-elle : "Plus ça durera, plus ça coûtera cher, plus le risque s’en fera sentir". Un récent sondage montrait d'ailleurs que la part des électeurs républicains qui jugeait l'aide à l'Ukraine trop importante, était passée de 17 à 32% entre mai et septembre.


Frédéric SENNEVILLE

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