Italie : avec Giorgia Meloni, l'extrême droite prend le pouvoir

Élections en Italie : mode d'emploi d'un scrutin crucial

Annick Berger avec AFP
Publié le 25 septembre 2022 à 9h35
JT Perso

Source : TF1 Info

Plus de 50 millions d'Italiens sont appelés aux urnes dimanche pour élire leur Parlement.
Un scrutin dans lequel l'extrême droite fait figure de favorite.
Les résultats sont attendus tard dans la soirée.

C'est un scrutin particulièrement surveillé en Europe. Ce dimanche, plus de 50 millions d'Italiens sont appelés aux urnes pour élire leur parlement. Une élection à l'occasion de laquelle l'extrême droite devrait entrer en force et proposer le Premier ministre qui succèdera à Mario Draghi. 

Et preuve de l'importance de ce scrutin, avant même l'ouverture des bureaux de vote, des gens faisaient la queue dès 7h du matin pour aller déposer leur bulletin dans l'urne. Ils ont jusqu'à 23h pour se prononcer, heure à laquelle les premiers sondages sortie des urnes donneront un aperçu des résultats. Mode d'emploi d'une élection qui concentre toutes les attentions ce dimanche. 

Quel mode de scrutin ?

En Italie, cette élection est une première. En effet, les électeurs voteront pour la première fois pour un Parlement resserré passant de 945 élus à 600 : 400 députés et 200 sénateurs. Ils seront élus via un scrutin mixte qui mélange scrutin uninominal à un tour - avec 1/3 soit 37% des parlementaires élus avec ce système - et un scrutin proportionnel qui permet de désigner 2/3 des élus, soit environ 61% des parlementaires, lui aussi sur un tour. 

Par ailleurs, le système proportionnel prévoit un seuil barrière, soit un pourcentage minimum de voix, pour que les partis et coalitions puissent entrer au Parlement : 3% pour un parti et 10% pour une coalition. Selon les estimations, l'extrême droite pourrait rafler entre 45% et 55% des sièges au Parlement, d'autant que, selon les experts, le mode de scrutin mixte favorise le camp conservateur, mené par le Fratelli d'Italia de Giorgia Meloni. 

Toutefois, l'abstention pourrait jouer un rôle important dans l'élection. Si, généralement, la participation aux élections législatives reste élevée en Italie, elle a décru en moyenne de 92,4% à 74% entre 1944 et 2021, selon les chiffres officiels. Et l'institut Demopolis estime qu'elle pourrait encore descendre - à 67% - dimanche. La majorité des électeurs qui ne se déplacent pas disent se désintéresser de la politique ou ne pas se reconnaître dans l'offre.

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Quand les résultats seront-il proclamés ?

Les bureaux de vote ferment à 23h ce dimanche soir en Italie. Les premiers résultats "sortie des urnes" seront alors communiqués, donnant une tendance à cette élection cruciale. Les résultats officiels, eux, seront publiés sur le site du ministère de l'Intérieur, et sont attendus lundi dans la journée. 

Pour connaître le nom officiel du ou de la Première ministre, il faudra attendre un peu plus. La formation d'un nouveau gouvernement peu parfois s'avérer délicat en Italie, via le jeu des coalitions. Par le passé, ce processus a pris entre un peu moins de quatre et douze semaines. En général, plus le résultat du scrutin est clair, plus le délai est court. 

Quid de la nomination du Premier ministre ?

Les nouveaux élus du Sénat et de la Chambre des députés doivent se réunir dans les 20 jours après la tenue des élections, soit le 15 octobre au plus tard, pour élire leurs présidents respectifs. Ce n'est qu'à partir de leur élection que le président de la République italien entame les consultations sur la nomination du nouveau chef du gouvernement, comme le veut la tradition politique. Elles se font avec les présidents des deux chambres, suivis par les chefs des principaux partis et éventuellement les chefs des groupes parlementaires. 

Si le résultat du scrutin est clair, ces consultations sont brèves - deux jours environ -, mais s'il ne l'est pas, elles peuvent durer jusqu'à une semaine, après quoi le chef d'État donne mandat à une personnalité pour former un nouveau gouvernement. Cette dernière accepte le mandat "avec réserve", entame les négociations avec ses alliés concernant les postes ministériels et le programme. 

À l'issue de ces négociations, si tout va bien, le candidat pressenti se rend chez le président et "lève sa réserve" et le nouveau gouvernement est annoncé dans la foulée. Pour avoir une idée du temps que ce processus peut prendre, deux records sont à noter en Italie : en 2008, il n'avait fallu que 24 jours à Silvio Berlusconi pour emménager à Palazzo Chigi, tandis qu'il a fallu pas moins de 89 jours à Giuseppe Conte en 2018 pour réaliser le même parcours.


Annick Berger avec AFP

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