Italie : avec Giorgia Meloni, l'extrême droite prend le pouvoir

Législatives en Italie : la coalition autour du parti post-fasciste de Giorgia Meloni largement en tête

Julien Moreau avec AFP
Publié le 26 septembre 2022 à 6h27
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Source : TF1 Info

Le parti post-fasciste, Fratelli d’Italia, est crédité d’un score allant de 22 à 26% des voix exprimées.
L’alliance de Giorgia Meloni, Matteo Salvini et Silvio Berlusconi est la grande gagnante de cette élection anticipée.
Dans les heures qui ont suivi les résultats, Giorgia Meloni a déclaré qu’elle voulait être la prochaine Premier ministre italienne.

Giorgia Meloni et le parti post-fasciste, Fratelli d’Italia, sont les grands gagnants des élections législatives anticipées en Italie organisées ce dimanche 25 septembre. Le parti a été crédité d’un score allant de 22 à 26,5% des voix exprimées. Selon les dernières informations de l’agence YouTrend datant de 4h30, le parti Fratelli d’Italia est crédité de 26,4% des voix au Sénat et de 26,3% des voix à la Chambre des députés. Au cumul des voix, l’alliance formée par Giorgia Meloni avec la Ligue de Matteo Salvini et Forza Italia de Silvio Berlusconi, récolterait plus de 42% des suffrages et cela leur permettrait d’obtenir la majorité absolue des sièges au sein des deux assemblées.

D’après les informations données par le ministère de l’Intérieur italien, la participation n’était que de 50% après 19h, ce qui représente une baisse de 8 points par rapport aux dernières élections législatives.

En restant dans l'opposition à tous les gouvernements qui se sont succédés depuis les législatives de 2018, Fratelli d'Italia a réussi à s'imposer comme la principale alternative, passant de 4,3% à premier parti de la péninsule. "Nous gouvernerons pour tous les Italiens" : la patronne de l'extrême droite italienne Giorgia Meloni, qui veut devenir Première ministre après sa victoire aux législatives a tenté de rassurer face aux inquiétudes exprimées dans son pays et à l'étranger. "Nous le ferons dans l'objectif d'unir le peuple", a-t-elle ajouté dans un discours de rassemblement et d'apaisement en reconnaissant que la campagne électorale a été "violente et agressive".

La formation fondée fin 2012 par Giorgia Meloni avec des dissidents du berlusconisme a devancé le Parti démocrate (PD, gauche) d'Enrico Letta, qui n'a pas réussi à susciter un vote utile pour faire barrage à l'extrême droite. Le Parti démocrate qui a vu passer son score sous la barre des 20%, dans un contexte de faible participation (64,07%, contre 73,86% en 2018). La vice-présidente du Parti démocrate, Debora Seracchiani, a reconnu la "victoire de la droite emmenée par Giorgia Meloni", ce qui marque "une soirée triste pour le pays".

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Giorgia Meloni qui, jeune militante, a dit admirer Mussolini, a réussi le tour de force de dédiaboliser son image et rassembler sur son nom les peurs et les colères de millions d'Italiens face à la flambée des prix, au chômage, aux menaces de récession ou à l'incurie des services publics. Le prochain gouvernement a pour objectif de gérer la crise causée par l'inflation galopante, l'Italie croulant déjà sous une dette représentant 150% du PIB, le ratio le plus élevé de la zone euro derrière la Grèce.

Dans ce pays à l'instabilité gouvernementale chronique, les experts ont déjà déclaré qu'ils s'accordaient déjà sur la courte espérance de vie de la coalition victorieuse, un mariage de raison entre trois alliés aux ambitions concurrentes. Dans le dossier ukrainien, l'Europe et les alliés de l'Italie, membre de l'Otan, ont indiqué qu'ils scruteront également la répartition des portefeuilles entre les trois partis. Giorgia Meloni aura fort à faire face à deux expérimentés de la vie politique italienne, Matteo Salvini et Silvio Berlusconi, qui ne compte pas lui faire de cadeaux.


Julien Moreau avec AFP

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