De l'Irlande au Royaume-Uni, les risques de coupures cet hiver dépassent la France

CQ
Publié le 12 décembre 2022 à 19h24

Source : Sujet TF1 Info

Face à des risques de black-out, la France n'est pas seule en Europe.
L'Irlande pourrait cumuler jusqu'à 14 heures d'électricité manquante.
Au Royaume-Uni, des coupures de 3 heures sont prévues dans le pire des cas.

Si le thermomètre avoisine les 0 degrés tout l'hiver, les risques de coupures de courant seront bien réels en France. Le gouvernement s'y prépare, demandant aux Français d'être vigilants avec leur consommation d'énergie. Mais le pays n'est pas le seul à affronter cette problématique, alors que la guerre en Ukraine a profondément mis à mal les approvisionnements en hydrocarbures et que plusieurs de nos voisins européens souffrent d'une faible production nucléaire.

Pour commencer, l'Irlande et la France sont identifiées comme les pays européens ayant le plus de risques de black-out. Cette comparaison européenne nous vient de l'association européenne des gestionnaires de réseaux de transport d'électricité (ENTSO-e). Dans un rapport publié début décembre, elle observe notamment que "la faible disponibilité de l'énergie nucléaire en Europe (en particulier en France) entraîne une augmentation des besoins d'importation en provenance des pays voisins, en particulier par temps froid".

Pas de coupures avant l'année 2023

Dans son scénario de référence, avec une demande considérée comme normale, l'ENTSO-e constate que la France pourrait manquer cet hiver de 20 heures d'électricité et l'Irlande, 14 heures. En France, les causes sont connues, avec un fonctionnement très aléatoire du parc nucléaire, et les dispositifs pour prévenir ces coupures (comme Ecowatt ou Ecogaz) se mettent en place. En Irlande, ce risque est élevé "en raison du vieillissement des centrales électriques conventionnelles au gaz qui font preuve d'une faible fiabilité et sont souvent en arrêt non planifié", selon le rapport européen. Mais l'Irlande, comme l'Irlande du Nord, dépend de nombreuses éoliennes, ce qui pourrait éviter le scénario du pire "si les conditions de vents sont bonnes".

Dans les pays nordiques, la Suède est la plus à risque avec une faible production nucléaire causée par "des retards dans les arrêts planifiés de centrales nucléaires" et "un faible taux de remplissage des réservoirs". La Finlande n'est pas en reste et pourrait manquer d'énergie venant de son parc nucléaire. En parallèle, l'arrêt des importations d'hydrocarbures et d'électricité russes a contribué à aggraver la situation des pays nordiques. Fortement dépendantes du charbon, l'Allemagne et la Pologne appréhendent aussi l'hiver qui s'annonce, sans prévoir cependant des coupures dès à présent.

Si en France, les risque de coupures restent "modérés" au mois de décembre mais sont élevés "dans la première quinzaine de janvier 2023 en raison de la baisse des projections de la production et de la demande nucléaires", d'après les estimations de RTE. Chez ses voisins, des coupures de courant ne sont pas attendues avant l'année 2023, quand "la majorité des risques y sont concentrés en janvier et février".

Le Royaume-Uni s'attend aussi à subir des délestages dans le pire scénario, selon le réseau de transport d'électricité National Grid. Ainsi, dans le "cas peu probable" d'une pénurie d'approvisionnement en gaz et celui d'un hiver rude, certaines régions du pays pourraient connaitre jusqu'à trois heures de black-out. Et cela pour "assurer la sécurité et l'intégrité globales du système électrique à travers la Grande-Bretagne".


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