Au Royaume-Uni, les tarifs réglementés de l'énergie vont augmenter de 80% à partir d'octobre.
Une hausse qui intervient en pleine crise du coût de la vie.
Le régulateur appelle le gouvernement à agir pour éviter un choc "dramatique".

Si les prix de l'énergie ont augmenté en France, ce n'est rien comparé à ce qui attend les citoyens du Royaume-Uni. Selon l'Ofgem, le régulateur de l'énergie, les tarifs réglementés vont augmenter de 80% à partir d'octobre alors que les factures de gaz et d'électricité pourraient encore s'alourdir "considérablement" d'ici le printemps 2023. Ainsi, le plafond de tarification autorisé va passer de 1971 livres par an par foyer moyen à 3549 livres à partir d'octobre, a indiqué l'Ofgem vendredi. 

"La hausse reflète la progression continue des cours mondiaux de gros du gaz, démarrée avec les déconfinements post-pandémie, et ont été poussés à des niveaux records quand la Russie a lentement interrompu ses approvisionnements de gaz à l'Europe", détaille le régulateur.

Et la facture pourrait encore s'alourdir au printemps 2023 pour les Britanniques : le plafond tarifaire au Royaume-Uni étant calculé d'après la moyenne des cours de gros du gaz sur les mois précédents, les experts s'attendent à ce qu'il soit relevé à plus de 4000 livres en janvier et jusqu'à 6000 livres au printemps. Face à ces prévisions inquiétantes, l'Ofgem, le patronat, les fournisseurs et les associations ont lancé un appel au gouvernement à agir dès maintenant pour éviter un choc "dramatique" pour les ménages modestes. 

"Peine de mort"

Les familles britanniques sont déjà confrontées à une inflation à plus de 10%, soit la plus forte des pays du G7, alors que l'économie britannique flirte avec la récession. Selon l'université de York, près de deux tiers des ménages britanniques sont ainsi menacés de pauvreté énergétique dès l'an prochain. "On observe une situation de très grand stress chez nos clients. La dette moyenne par client a augmenté de 30 %, à 167 livres. Je dirais qu’environ un tiers de nos clients sont en situation de précarité énergétique, et 20 % de plus pourraient le devenir", souligne Philippe Commaret, directeur commercial d'EDF pour le Royaume-Uni, interrogé par l'AFP.

Face à cette situation, le gouvernement britannique a assuré que "l'aide arrive". Elle s'élève à "400 livres sur les factures d'énergie pour tous, 650 livres pour les ménages vulnérables et 300 livres pour les retraités". Toutefois, la mise en place de cette mesure pourrait être retardée puisque le Premier ministre conservateur, Boris Johnson, a laissé ce dossier très sensible au prochain chef de gouvernement, dont le nom sera dévoilé le 5 septembre.

En attendant, la colère monte au Royaume-Uni. Le mouvement Don't Pay - "Ne payez pas" - ne cesse de l'ampleur et près de 115.657 membres se sont engagés à ne plus payer leurs factures d'électricité à partir d'octobre si elles ne sont pas ramenées à un "niveau abordable", et à condition d'avoir 1 million de signataires. L'organisation a ainsi qualifié la hausse de 80% de "peine de mort" infligée à des "millions" de Britanniques. Le mouvement appelle à manifester vendredi devant le bureau de l'Ofgem et a installé une banderole sur le pont devant le Parlement, où l'on lit : "Que personne n'ait froid ou faim cet hiver. Engagez-vous à faire la grève" des factures.


A.B. avec AFP

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