CRISE - Après une semaine de fronde sans précédent au Kazakhstan, le président Kassym-Jomart Tokaïev a assuré, lundi 10 janvier, que les émeutes meurtrières étaient une "tentative de coup d'État" menée par des "combattants armés". Il a assuré que ses forces ne tireraient "jamais" sur des manifestants pacifiques.

Le mot est lâché : le Kazakhstan a fait face à "un coup d'État". C'est ainsi que le président kazakhe Kassym-Jomart Tokaïev a qualifié, lundi 10 janvier, la fronde populaire inédite et les émeutes meurtrières, débutés dimanche 2 janvier, en raison d'une hausse drastique des prix de l'énergie dans le pays. "Des groupes de combattants armés qui attendaient leur moment sont entrés en action. Leur objectif principal est apparu clairement. (...) Il s'agissait d'une tentative de coup d'État", a-t-il affirmé lors d'une réunion par visioconférence avec son homologue russe Vladimir Poutine et d'autres chefs d'État alliés.

Selon le président Kassym-Jomart Tokaïev, des forces "terroristes" organisées, incluant aussi bien des "islamistes" mais aussi "des criminels", des "casseurs" et des "petites frappes", ont profité du mouvement de contestation pour tenter de renverser le pouvoir. Un avis partagé par Vladimir Poutine, selon qui le Kazakhstan a été visé par le "terrorisme international".

Pour "détruire" les "bandits armés", le président Tokaïev avait autorisé, le 7 janvier, les forces de l'ordre à tirer "sans avertissement" sur les protestataires. Des propos sur lesquels il est revenu, assurant qu'ils ne tireraient "jamais" sur des manifestants pacifiques, alors que le bilan de ces heurts, marqués par une répression implacable, demeure flou.

Un bilan humain encore inconnu

Dimanche 9 janvier, le ministère de l'Information a retiré un bilan publié plus tôt sur une chaîne officielle Telegram, selon lequel plus de 164 personnes étaient décédées au cours des violences. Deux jours plus tôt, les autorités locales avaient évoqué au moins plusieurs dizaines de morts et de plus d'un millier de blessés. S'il est difficile d'en savoir plus à ce sujet, le ministère de l'Intérieur est, lui, plus enclin à donner des chiffres sur les arrestations. "Au 10 janvier, 7939 individus sont détenus par les organes du (ministère) de l'Intérieur", a-t-il dans un communiqué publié sur le site du gouvernement. 

Kazakhstan : les Russes à la rescousse du pouvoirSource : JT 20h WE

Ces troubles, les pires depuis l'indépendance du Kazakhstan à la chute de l'URSS, il y a tout juste 30 ans, ont conduit le président Kassym-Jomart Tokaïev à demander le soutien militaire de l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), pilotée par Moscou. "Très bientôt, l'opération anti-terroriste d'ampleur s'achèvera", a-t-il indiqué. "Avec elle finira la mission efficace et couronnée de succès du contingent." "Nous avons réussi à reprendre le contrôle de la situation", a-t-il ajouté, alors que la vie revenait progressivement à la normale à Almaty, à la fois capitale économique et plus grande ville du pays. 


La rédaction de TF1info avec AFP

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