La présidence Macron

Emmanuel Macron et Angela Merkel : une relation de confiance faite de hauts et de bas

La rédaction de LCI
Publié le 3 novembre 2021 à 14h53
Emmanuel Macron et Angela Merkel : une relation de confiance faite de hauts et de bas

Source : PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP

L'essentiel

ADIEUX - Emmanuel Macron et Angela Merkel se disent au revoir ce mercredi à Beaune. La fin d'une relation de confiance faite de désaccords - sur la rigueur budgétaire ou la défense européenne - qui s'est renforcée à la lueur de la crise du Covid-19.

Ils vont se dire adieu. Ce mercredi, Emmanuel Macron et Angela Merkel concluront près de cinq années de relations étroites et "de travail fructueuses", selon l’Élysée. Pour marquer le coup, le chef de l’État et son épouse recevront à Beaune la chancelière allemande et son mari, pour un moment "personnel" lors duquel ils visiteront un château classé au patrimoine mondial de l’Unesco, dégusteront vin, chocolat et fromages, et le président de la République décorera son hôte de la Grand’Croix de la Légion d’honneur. 

Une fin de collaboration en fanfare, après des hauts, des bas, et des débuts difficiles. En 2017, les points communs étaient peu nombreux entre une chancelière de 67 ans prudente et expérimentée, et un jeune président de 39 ans fougueux et désireux de faire bouger les lignes. "Ils sont très différents, mais ils ont tous les deux une rigueur méthodique et un mode de fonctionnement qui n'est pas très éloigné, ce qui a créé de la confiance", relève auprès de l'AFP le secrétaire d'Etat aux Affaires européens Clément Beaune, artisan de leur toute première entrevue en mars 2017, quelques mois avant l'arrivée d'Emmanuel Macron à l'Élysée.

À peine élu, le chef de l'État s'est attaché à faire des pas en avant en direction de la chancelière, se montrant décidé à faire revenir le déficit français sous les 3% du PIB et à réformer le droit du travail en France, demandes récurrentes de l'Allemagne. Il espérait rallier Angela Merkel à ses projets de réforme de l'Europe, comme la mise en place d'une défense européenne ou le lancement de grands investissements. S'il a bien obtenu son soutien sur certains projets et surtout sur la nomination d'Ursula von der Leyen à la tête de la Commission européenne et de Christine Lagarde à la BCE, il s'est longtemps heurté aux réticences allemandes sur une hausse des dépenses de l'UE.

"Des confrontations" et des "différences de mentalité"

Mais à chaque désaccord, "ils se sont toujours soutenus l'un l'autre et n'ont jamais profité de leurs difficultés respectives", rapporte Clément Beaune. En 2019, la chancelière reconnaissait que le couple franco-allemand avait "des confrontations" et qu'il existait "des différences de mentalité" entre elle et le Président français, ainsi que des "différences dans [leur] compréhension des rôles", mais démentait une détérioration de leurs relations. 

Ces deux dernières années, la crise du Covid-19 a rapproché les deux dirigeants. En mai 2020, Emmanuel Macron a convaincu la chancelière de la nécessité d'un plan de relance européen de 750 milliards d'euros, largement financé par des emprunts européens mutualisés, que Berlin refusait jusqu'ici. Ils ont ensuite œuvré ensemble pour arracher un accord historique sur ce plan. En juin, avec l'accalmie de la pandémie mondiale, le président français avait été le premier dirigeant étranger invité cette année dans la capitale allemande.

Aussi, à l'instar des heures qu'ils passeront ensemble à Beaune, Emmanuel Macron et Angela Merkel ont su tisser des liens en dehors des réunions de travail. Ils se parlaient quasiment chaque semaine, se tutoyaient et avaient pris l'habitude de descendre dans le même hôtel pour y boire un verre de vin ensemble les soirs de sommets européens.