EN DIRECT - Crise au Sénégal : le président Macky Sall ordonne des mesures pour "pacifier l'espace public"

Publié le 5 février 2024 à 8h43, mis à jour le 9 février 2024 à 7h28
Cette vidéo n'est plus disponible

Source : TF1 Info

L'Assemblée nationale sénégalaise a adopté lundi soir la loi pour un report de la présidentielle au 15 décembre 2024, initié par le chef de l'État, Macky Sall.
Dans un climat explosif, des députés de l'opposition ont été évacués manu militari.
Suivez les dernières informations.

Ce live est à présent terminé. 

LE POINT CE VENDREDI MATIN

Depuis la capitale du Sénégal, Dakar, la journaliste de LCI Hélène Bonnet fait le point sur la situation dans le pays, ce vendredi.

Sénégal : Hélène Bonnet fait le point depuis Dakar le vendredi 9 février 2024Source : TF1 Info

UN APPEL À UNE "MOBILISATION MASSIVE"

Un collectif de groupes de la société civile a appelé jeudi les Sénégalais à se "mobiliser massivement" contre le report de la présidentielle, évoquant une série d'actions à venir comme une manifestation et une grève sur fond de grave crise politique.


"Nous invitons tous les citoyens concernés par la préservation des acquis démocratiques à se mobiliser massivement partout dans le pays et dans la diaspora pour empêcher cette confiscation du pouvoir", dit dans une déclaration la nouvelle plateforme Aar Sunu Election ("protégeons notre élection"), qui revendique une quarantaine de syndicats et de groupes citoyens et religieux.

MACKY SALL VEUT "PACIFIER L'ESPACE PUBLIC"

Le président sénégalais Macky Sall a ordonné mercredi à son gouvernement de prendre des mesures pour "pacifier l'espace public", face à la crise provoquée par le report de la présidentielle, indique un communiqué de ses services publié dans la nuit.


Le communiqué ne précise pas quelles seraient ces mesures, demandées en premier lieu au ministère de la Justice.

UN VOTE PAS "LÉGITIME" SELON WASHINGTON

Les États-Unis jugent que le vote du Parlement sénégalais qui reporte la présidentielle et prolonge le mandat du président Macky Sall n'est pas "légitime", réaction la plus critique à ce jour d'un important partenaire face à la grave crise politique en cours.


"Les États-Unis sont profondément préoccupés par les mesures prises pour repousser l'élection présidentielle du 25 février au Sénégal, qui vont à l'encontre de la forte tradition démocratique" du pays, a affirmé le Département d'État dans un communiqué. 


Ils sont "particulièrement alarmés" par les conditions dans lesquelles les députés ont entériné lundi ce report décrété de facto par le président Sall deux jours plus tôt, et par l'évacuation de force par les gendarmes des parlementaires qui s'opposaient au vote, dit le Département d'État. Étant donné ces circonstances, "le vote ne peut être considéré comme légitime", ajoute-t-il.

L'APPEL DE L'UNION EUROPÉENNE

L'UE a appelé mercredi le Sénégal à "rétablir le calendrier" initial de son élection présidentielle, estimant que son report au 15 décembre "entache la longue tradition de démocratie" du pays.


"L'UE est très préoccupée par le report du scrutin présidentiel. Ce report entache la longue tradition de démocratie au Sénégal et ouvre une période de grande incertitude", a déclaré Nabila Massrali, porte-parole de la Commission européenne. L'UE "demande instamment à la classe politique de prendre rapidement les mesures nécessaires visant à rétablir le calendrier électoral conformément à la constitution du Sénégal et à la charte de la Cedeao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest)", a-t-elle ajouté.

INTERNET MOBILE RÉTABLI

L'accès internet par les données mobiles est rétabli mercredi matin dans la capitale du Sénégal Dakar après deux jours de suspension décrétée par les autorités sur fond de grave crise politique, ont constaté les journalistes de l'AFP.


L'accès aux données mobiles était bloqué depuis lundi. Le ministère des Télécommunications avait justifié cette mesure par la diffusion sur les réseaux sociaux de "messages haineux et subversifs (...) dans un contexte de menace de trouble à l'ordre public". Le Parlement a voté lundi une loi reportant la présidentielle du 25 février au 15 décembre et prolongeant le mandat du président sortant Macky Sall.

LE POINT DE VUE DES FRANÇAIS SUR PLACE

Depuis Dakar, la journaliste de LCI Hélène Bonnet rapporte le point de vue de plusieurs Français présents dans la capitale sénégalaise. Ces derniers évoquent "une situation d'attente, de flottement. Ils ne savent pas vraiment ce qui va se passer. Ils imaginent tous les scénarios : une révolte populaire, un coup d'État ou une tension qui retombe très tranquillement".


Notre envoyée spéciale souligne aussi que les écoles françaises sur place, fermées depuis lundi, "vont rouvrir aujourd'hui, un signe plutôt encourageant."

Sénégal : point de situation en pleine crise politiqueSource : TF1 Info

LE "FOSSOYEUR DE LA RÉPUBLIQUE"

Mardi 6 février, les médias ont publié la tribune d'un collectif de plus de 100 universitaires et personnalités décrivant le président comme le "fossoyeur de la République". Ils parlent de "bouquet final" d'un "plan de liquidation de la démocratie".


"Aujourd’hui, pour les intérêts d’un homme et d’un clan, sous le fallacieux prétexte d’une crise institutionnelle, le Sénégal vient de gravement régresser dans son histoire démocratique", a regretté le collectif dans la tribune, appelant les Sénégalais à "s’ériger contre cette forfaiture, d’exiger le respect du calendrier Républicain, de faire rétablir le droit par le Conseil constitutionnel, de faire à nouveau nation et de résolument restaurer leur République et leur idéal de vie commune."

ROSE WARDINI, SORTIE DE GARDE À VUE

Rose Wardini, une des 20 candidats retenus par le Conseil constitutionnel pour la présidentielle avant que le processus électoral de plusieurs mois ne vole en éclats la semaine passée, était en garde à vue depuis vendredi. Elle a été remise en liberté hier, a appris l'AFP auprès de sa famille. Rose Wardini avait été arrêtée par la police pour notamment "faux en écriture, dans une enquête sur sa double nationalité franco-sénégalaise présumée. Elle a été placée sous contrôle judiciaire, selon les médias locaux. Une nationalité sénégalaise exclusive est exigée des candidats à la présidentielle.

LE PASTEF RAPPORTE QUE CINQ DE SES PARLEMENTAIRES OU ALLIÉS ONT ÉTÉ INTERPELLÉS

Ousseynou Ly, responsable du Pastef, a rapporté que cinq députés membres ou alliés du parti dissous par les autorités en 2023, avaient été interpellés mardi dans un quartier populaire de Dakar et dans la banlieue de capitale. Les cinq parlementaires s'étaient opposés lundi au report de la présidentielle à l'Assemblée. Le Pastef a affirmé sa volonté de continuer à faire campagne derrière son candidat Bassirou Diomaye Faye, incarcéré depuis avril 2023.

LA COMMUNAUTÉ OUEST-AFRICAINE "ENCOURAGE" LE SÉNÉGAL À "RÉTABLIR" LE CALENDRIER DE LA PRÉSIDENTIELLE

Dans un communiqué publié ce mardi, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) "encourage la classe politique à prendre de toute urgence les mesures nécessaires pour rétablir le calendrier électoral". L'organisation dit suivre la situation "avec préoccupation".

REPORT DES ELECTIONS

Comment l'Assemblée nationale sénégalaise a entériné le report du scrutin souhaité par le président Macky Sall. ⬇️

UNE LOI ADOPTÉE DANS LA PLUS GRANDE CONFUSION

Le report de la présidentielle a été entériné par le Parlement dans la nuit. Les débats avaient débuté dans la matinée et se sont prolongés tard dans la nuit dans une ambiance électrique. Des députés en sont venus aux mains et certains opposés au projet de loi ont été sortis de la salle par des gendarmes, comme il est possible de le voir dans les images ci-dessous.

Sénégal : les images des évacuations à l'AssembléeSource : TF1 Info

UNE SITUATION "COMPLÈTEMENT CATASTROPHIQUE"

À la suite du vote au Parlement, qui s'est déroulé dans la plus grande confusion, les députés de l'opposition ont dénoncé une dérive autoritaire du pouvoir. "La situation est complètement catastrophique, l'image du Sénégal est ruinée et je ne pense pas que nous nous relèverons de sitôt de cette faillite démocratique, de ce tsunami dans l'État de droit", a réagi après le vote Ayib Daffé, un député de l'opposition.

Urgent

PRÉSIDENTIELLE REPORTÉE AU 15 DÉCEMBRE

Le Parlement sénégalais adopte dans une grande confusion le projet de loi visant à repousser la présidentielle, initialement prévue le 25 février, au 15 décembre 2024. La loi a été adoptée, indique le président de l'Assemblée nationale, après que plusieurs députés de l'opposition faisant obstruction au vote ont été évacués manu militari par la gendarmerie.

INTERNET

Dans un contexte particulièrement tendu, l'internet a été coupé lundi dans le pays. Ce moyen est devenu courant pour enrayer les mobilisations et a déjà été employé par le gouvernement sénégalais en juin 2023, dans un contexte de crise politique.


De nombreuses organisations de défense des droits, sénégalaises et internationales, ont réprouvé les restrictions à internet ainsi que la suspension de la licence de la télévision privée Walf TV. Elles ont appelé les autorités à se garder d'un usage excessif de la force, des arrestations arbitraires et des atteintes aux libertés. "Le Sénégal est considéré de longue date comme un modèle de démocratie dans la région. Cette réalité est aujourd’hui menacée", a écrit Human Rights Watch.

LES PRINCIPAUX PROTAGONISTES DE LA CRISE

Le Sénégal est entré dans une crise politique depuis l'annonce du report des élections, samedi 3 février. Le président sortant Macky Sall a-t-il interrompu le processus électoral à son propre profit ?L'opposant retoqué Karim Wade pourrait-il revenir dans le jeu, à la faveur de ce report inattendu ? Quid de l'opposant Ousmane Sonko, inéligible mais dont le favori pourrait l'emporter ?

TÉMOIGNAGE

Internet mobile coupé, tensions dans le quartier du Parlement où les députés examinent le report des élections... Depuis Dakar, la journaliste Célia Cuordifede témoigne pour LCI.

Crise au Sénégal : quelle est la situation ce lundi 5 février ?Source : TF1 Info

DÉBAT CRUCIAL

Les députés sénégalais ont entamé l'examen d'un texte critique qui permettrait de reporter la présidentielle et qui a causé de nouveaux heurts à l'extérieur de l'Assemblée nationale transformée en citadelle par la présence policière, a constaté l'AFP. 


Les gendarmes ont tiré des grenades lacrymogènes pour disperser de petits groupes qui essayaient de se rassembler devant l'Assemblée à l'appel de l'opposition et qui se sont repliés plus loin en scandant "Macky Sall dictateur". Le quartier du Plateau, siège de la décision politique, a offert le spectacle rarissime de protestataires en petit nombre jouant au chat et à la souris avec les forces de sécurité parmi les Dakarois vaquant à leurs activités autour de l'Assemblée placée sous la protection de dizaines de gendarmes et policiers appuyés par des véhicules lourds. 

undefinedundefinedJOHN WESSELS / AFP

À QUOI JOUE MACKY SALL ?

Sur le plateau de LCI, la spécialiste Caoline Roussy fait le point sur la crise politique en cours. Elle pointe notamment que le report des élections pourrait être une bonne nouvelle pour certains candidats aux élections. 

Crise au Sénégal : l'analyse de la chercheuse Caroline RoussySource : TF1 Info

TENSIONS

Les images des évènements ces dernières 48h à Dakar. ⬇️

Sénégal : scrutin reporté, démocratie menacée ?Source : TF1 Info

LE POINT SUR LA SITUATION

Report des élections, manifestations, répression et heurts. Le fil des évènements depuis l'annonce de Macky Sall.

LES DÉPUTÉS ONT COMMENCE À DÉBATTRE

Les députés sénégalais ont commencé lundi à débattre d'un texte sur un report de la présidentielle de plusieurs mois, dans un contexte de grave crise politique, a constaté un journaliste de l'AFP.


Les parlementaires ont commencé à examiner un rapport adopté la veille en commission préparatoire et proposant de repousser de six mois ou même un an, à février 2025, la présidentielle initialement prévue le 25 février prochain, selon le contenu de ce texte distribué en séance.

HEURTS DEVANT L'ASSEMBLÉE

Les gendarmes sénégalais ont dispersé à l'aide de lacrymogènes un rassemblement devant l'Assemblée nationale à Dakar où l'opposition a appelé à manifester avant l'ouverture des débats sur le report de la présidentielle. 


Les forces de sécurité ont lancé deux grenades lacrymogènes pour faire partir un groupe de quelques dizaines de personnes qui refusaient d'obéir à leur injonction et qui se sont repliées plus loin en scandant "Macky Sall dictateur", du nom du président sénégalais. 

ACCÈS A L'INTERNET MOBILE COUPÉ A DAKAR

L'accès aux données mobiles internet était coupé ce matin à Dakar sur fond de crise politique déclenchée par le report annoncé de la présidentielle du 25 février. De nombreux usagers à Dakar se sont également plaints de ne plus avoir accès aux données mobiles sur leur téléphone portable, selon l'AFP. L'Assemblée nationale doit commencer à débattre ce lundi d'une proposition de loi constitutionnelle pour reporter la présidentielle de six mois. 

LA PROPOSITION DE LOI EXAMINÉE LUNDI

Les députés sénégalais examinent lundi dans un climat explosif une proposition de loi controversée sur le report de l'élection présidentielle annoncé par le chef de l'État Macky Sall, au lendemain de heurts entre des opposants et les forces de l'ordre à Dakar.

Les députés sénégalais examinent dans un climat explosif, ce lundi 5 février, une proposition de loi controversée sur le report de l'élection présidentielle annoncé par le chef de l'État, Macky Sall, au lendemain de heurts entre des opposants et les forces de l'ordre à Dakar. Le débat s'annonce houleux sur ce texte, qui reporterait le scrutin de six mois maximum et dont l'approbation, qui nécessite une majorité des trois cinquièmes des 165 députés, n'est pas acquise. Le vote est prévu en fin de matinée.

M. Sall avait annoncé samedi, quelques heures avant l'ouverture de la campagne électorale, avoir signé un décret ajournant la présidentielle qui devait avoir lieu le 25 février. C'est la première fois depuis 1963 qu'une présidentielle au suffrage universel direct est reportée au Sénégal, un pays qui n'a jamais connu de coup d'État, une rareté sur le continent.

Des heurts ont éclaté dimanche dans la capitale, Dakar, entre forces de sécurité et manifestants mobilisés à l'appel de l'opposition contre la décision du chef de l'État. Les forces de l'ordre ont procédé à de nombreuses arrestations, selon des opposants, et dispersé les manifestants à l'aide de grenades lacrymogènes.


La rédaction de TF1info

Tout
TF1 Info