Affaire Khashoggi : des "preuves crédibles" justifient une enquête sur le prince héritier saoudien, estime une experte de l'ONU

Publié le 19 juin 2019 à 12h00, mis à jour le 20 juin 2019 à 14h14
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Source : JT 20h WE

AFFAIRE - Plus de huit mois après la mort du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, torturé à mort au sein de l'ambassade saoudienne en Turquie, une rapporteure de l'ONU juge qu'il existe suffisamment de preuves pour que les Nations unies ouvrent une enquête pénale internationale.

Ce live est à présent terminé. 

ENQUÊTE

ENQUÊTE


Des preuves suffisantes existent pour ouvrir une enquête sur la responsabilité de hauts responsables saoudiens, y compris le prince héritier Mohammed ben Salmane, a déclaré mercredi une experte des droits de l'Homme de l'ONU. 


Après avoir elle-même enquêté pendant six mois sur la mort du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, la rapporteure spéciale de l'ONU sur les exécutions extrajudiciaires, Agnès Callamard, a indiqué dans un rapport avoir "déterminé qu'il existe des éléments de preuve crédibles, justifiant une enquête supplémentaire sur la responsabilité individuelle des hauts responsables saoudiens, y compris celle du prince héritier".

NDLR : Nous réactivons ce fil "en direct" consacré à l'affaire Khashoggi à la suite de nouvelles informations sur l'enquête. 

LA TURQUIE DEMANDE DES COMPTES


Les commanditaires de l'assassinat du journaliste doivent rendre des comptes, a affirmé à Washington le ministre turc des Affaires étrangères. "Nous ne voulons pas détériorer notre relation avec l'Arabie saoudite", mais "qui que ce soit ayant donné pour instruction" de tuer Jamal Khashoggi "doit rendre des comptes", a déclaré Mevlut Cavusoglu. 

TRUMP


Alors plusieurs médias américains affirment que la CIA n'a plus de doutes sur la responsabilité de Mohammed ben Salmane, prince héritier d'Arabie saoudite, dans le meurtre de Jamal Khashoggi, Donals Trump a assuré mardi que l'agence de renseignement n'avait pas réussi à se forger de certitude sur le sujet. "La CIA s'est penchée sur (la question). Ils n'ont rien trouvé d'absolument certain", a déclaré le président américain à des journalistes à la Maison Blanche. Plus tôt, il n'avait pas exclu dans un communiqué  une telle implication : "Il se pourrait très bien que le prince héritier ait eu connaissance de cet évènement tragique - peut-être, peut-être pas !", a-t-il dit dans un communiqué. "Dans tous les cas, notre relation est avec le royaume d'Arabie saoudite", a-t-il poursuivi comme pour relativiser les questions de personnes. Et "les Etats-Unis entendent rester un partenaire inébranlable de l'Arabie saoudite".

MACABRE

ALLEMAGNE


Berlin a décidé d'imposer des sanctions, et notamment d'interdire l'accès à l'espace Schengen, à 18 citoyens saoudiens qu'elle juge impliqués dans le meurtre de Jamal Khashoggi, a déclaré lundi à Bruxelles le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, précisant que ces sanctions avaient fait l'objet d'une "coordination étroite" avec la France et le Royaume-Uni.

ACCUSATIONS

DEUXIÈME ENREGISTREMENT


Un deuxième enregistrement d'une quinzaine de minutes du meurtre de Jamal Khashoggi contredirait la version saoudienne des faits.


Selon le journal turc Hürriyet, proche du pouvoir, Ankara possède l’enregistrement sonore de l’instant avant le meurtre. Il prouverait qu'aucune tentative de négocier avec Khashoggi pour le persuader de rentrer en Arabie Saoudite n'avait eu lieu. C’est pourtant la troisième version des faits avancée par le procureur général saoudien hier. Ryad avait tout d'abord affirmé que le journaliste avait rapidement quitté le consulat, puis annoncé qu'il était mort dans une rixe. 


Selon Abdulkadir Selvi, l’un des éditorialistes, très influent, du quotidien, Jamal Khashoggi n'a pas été drogué mais étranglé ou étouffé "à l'aide d'une corde ou d'un sac en plastique". Dans cet enregistrement, "on entend l'équipe saoudienne en train de discuter de la façon d'exécuter Khashoggi, passer en revue son plan préparé à l'avance et rappeler à chacun de ses membres son rôle", écrit-il ainsi.