EN IMAGES - Pour les 70 ans de la mort de Staline, Moscou partagée entre nostalgie et rejet

par TD avec AFP
Publié le 5 mars 2023 à 17h23

Source : TF1 Info

Mort il y a 70 ans, Joseph Staline a fait l'objet d'un hommage ce dimanche à Moscou.
L'héritage du dictateur continue de diviser en Russie.
Si certains affichent une forme de nostalgie, son action fait aussi l'objet de vives critiques.

Ce dimanche matin, plus d'un millier d'admirateurs de Staline se sont rassemblés à Moscou. Sur la célèbre place Rouge, ils sont allés déposer des milliers de fleurs sur la tombe de l'ancien dictateur, située non loin de là dans l'enceinte du Kremlin. Dans la capitale russe, certains tenaient des drapeaux rouges de l'URSS, quand d'autres brandissaient des portraits de l'impitoyable dirigeant, né en Géorgie en 1878 sous le nom de Iossif Djougachvili.

Kirill KUDRYAVTSEV / AFP

Interrogés par l'AFP, des Moscovites saluent la mémoire de l'ancien chef d'État soviétique. "Sans le retour de Staline en Russie, nous, les Russes, et les autres peuples autochtones de Russie, nous ne survivrons pas", assure Vladimir Kvatchkov, 74 ans et ancien colonel du renseignement militaire. "On serait heureux si un tel dirigeant revenait", glisse pour sa part Iouri, un autre retraité.

L'héritage de Staline, s'il n'est pas revendiqué par Vladimir Poutine, se retrouve parfois dans la rhétorique dont il use. Le pouvoir russe appelle ainsi aussi de plus en plus à lutter contre les "traîtres" ou les "agents de l'étranger" qui s'opposent au conflit en Ukraine. 

Kirill KUDRYAVTSEV / AFP

Si le créateur de l'URSS, Lénine, est toujours représenté par des statues à travers les villes de Russie, les autorités n'ont pour l'heure pas réinstallé de monument en hommage à Staline. Ceux-ci avaient été démontés après son décès, dans le cadre d'une vaste politique dite de "déstalinisation".

KIRILL KUDRYAVTSEV / AFP

"Les gens ont des vues différentes sur Staline", note Piotr Sokolov, un professeur d'histoire à la retraite. "Ce sont surtout des personnes âgées qui le voient d'un bon œil", ajoute-t-il, "comme si elles avaient oublié les répressions. Les jeunes ne le connaissent pas bien et les gens d'âge moyen sont divisés." Au sein des familles russes, certains souvenirs douloureux restent encore très présents : "Mon arrière-grand-mère n'a pas échappé aux répressions en 1945. Elle a été emprisonnée jusqu'à la mort de Staline", témoigne Tatiana Kouznetsova, une scientifique de 25 ans, rencontrée à Moscou par l'AFP. "Pour les 70 ans (de sa mort), on ne célèbre rien, on se souvient des répressions. Et, bien sûr, c'est horrible de voir ce qui se passe aujourd'hui."


TD avec AFP

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