En Italie, les producteurs de parmesan insèrent des micropuces pour lutter contre les contrefaçons

par TD
Publié le 18 août 2023 à 15h20

Source : JT 20h Semaine

Adoré des gourmands, le parmesan est censé répondre à des critères de production très stricts.
Les producteurs, face aux contrefaçons massives, innovent pour protéger leur savoir-faire.
Des micropuces sont désormais intégrées à l'intérieur de la croûte afin d'assurer la traçabilité des produits.

Il y a quelques années, TF1 s'était rendue en Italie à la découverte d'étonnants coffres-forts. À l'intérieur ? Pas de lingots ou de liasses de billets, mais des meules de fromage, du parmesan plus précisément. L'initiative, qui visait à lutter contre les contrefaçons, est aujourd'hui complétée par des dispositifs technologiques étonnants, comme le raconte le quotidien The Guardian.

Un dispositif inséré dans la croûte

Désolés de voir leur célèbre "parmigiano reggiano" parmi les fromages les plus contrefaits au monde, les producteurs italiens cherchent de nouvelles méthodes pour protéger leur précieuse production des copies. Dernier exemple en date : l'introduction de micropuces directement dans les meules, à l'intérieur de la croûte. Cette idée provient du Consortium Parmigiano Reggiano (PRC), apprend-on. Il s'agit de l'association qui supervise la production du fromage et qui cherche depuis un siècle à lutter contre les imitations moins chères. Un enjeu de taille puisque celles-ci ne respectent pas le très rigoureux cahier des charges imposé.

Produit depuis le Moyen-âge, le parmesan ne peut pas être proposé aux clients sans adhérer aux règles qui ont été fixées en 1996, lors de la création de son statut d'appellation d'origine protégée (AOP). Le parmigiano reggiano, seul fromage pouvant revendiquer la dénomination de parmesan dans toute l'Europe, doit notamment être fabriqué dans une zone géographique précise du nord de l'Italie. Par ailleurs, il est demandé que les meules, dont le poids avoisine généralement les 40 kilos, soient affinées pendant a minima un an dans une zone de montagne. Après quoi, elles sont testées par des experts, deux ans après leur production. Un test qui permet d'assurer leur qualité et d'attester du respect de l'AOP.

Le RPC, qui estime le montant global des contrefaçons à environ 2 milliards de dollars (proche du montant des ventes "légales"), tente de trouver des parades. C'est ainsi que des micropuces, pas plus grosses qu'un grain de sel, sont désormais insérées. Elles prennent place dans la croûte, si bien qu'il est hautement improbable qu'elles soient ingérées. Le Guardian note que ces puces "fonctionnent comme des étiquettes alimentaires". Scannables et durables, elles permettent aux consommateurs de retracer leur produit jusqu'à son origine. 

"Nous continuons à nous battre avec de nouvelles méthodes", a récemment assuré un représentant du Consortium, "nous n'abandonnerons pas." De telles innovations, visant à garantir la traçabilité, deviennent à l'heure actuelle de plus en plus importantes. Outre les montants considérables générés par les ventes de fromages contrefaits, les producteurs observent qu'une part croissante de la production s'exporte au-delà des frontières italiennes. À l'heure actuelle, un peu moins de la moitié de la production est à destination du reste de l'Europe et de l'international.


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