Covid-19 : premiers morts en Chine depuis l'allègement de sa politique sanitaire

S.M avec AFP
Publié le 19 décembre 2022 à 11h36

Source : JT 13h WE

Les hôpitaux sont débordés par une vague de Covid sans précédent en Chine, depuis l'allègement de sa politique sanitaire très stricte.
L'ampleur de l'épidémie est "impossible" à déterminer, selon les autorités.
Les experts craignent que Pékin soit mal préparé à cette vague d'infections.

Le scénario redouté par certains experts en Chine est-il en train de se réaliser ? La Chine a enregistré, ce lundi 19 décembre, ses premiers morts depuis l'assouplissement des strictes mesures de sa politique "zéro Covid", au moment où hôpitaux et crématoriums à Pékin sont débordés par une vague sans précédent. Le géant asiatique a brusquement fait volte-face début décembre et levé la plupart des restrictions sanitaires en vigueur durant près de trois ans. 

Depuis la levée des restrictions, l'épidémie de Covid-19 explose en Chine. Mais son ampleur est "impossible" à déterminer, de l'aveu même des autorités, les tests de dépistage n'étant désormais plus obligatoires. Si les autorités se veulent rassurantes, mettant en avant le caractère bénin du virus malgré sa contagiosité, des experts craignent que le pays soit mal préparé à la vague d'infections liée à cette réouverture, des millions de personnes âgées et vulnérables n'étant toujours pas vaccinées. 

"Les chiffres officiels ne disent pas tout"

Lundi, les autorités ont rapporté la mort de deux patients à Pékin, les seuls à ce jour depuis la levée des restrictions le 7 décembre, à en croire les chiffres officiels. Depuis, la capitale chinoise et ses 22 millions d'habitants sont particulièrement touchés par une vague de contaminations inédite depuis les débuts de la pandémie. Des témoignages font état d'une recrudescence de décès dans les hôpitaux et de crématoriums débordés, tandis que les médicaments anti-grippaux manquent dans les pharmacies.

"Les chiffres (officiels) ne disent pas tout", relève Leong Hoe Nam, un expert en maladies infectieuses basé à Singapour, qui dit s'attendre à un bilan beaucoup plus élevé. Et d'argumenter : certains hôpitaux sont trop pleins pour accueillir de nouveaux patients, tandis que l'importance du Covid a peut-être été minimisée par les personnels soignants. Résultat, si quelqu'un meurt "d'une crise cardiaque consécutive au stress d'une infection" au Covid, "la crise cardiaque sera alors la cause principale (retenue) du décès, quand bien même le Covid en est la cause sous-jacente", fait remarquer Leong Hoe Nam à l'AFP.

Un des principaux épidémiologistes du pays, Wu Zunyou, a averti que la Chine était confrontée à "la première des trois vagues" de Covid attendues cet hiver. L'actuelle devrait durer jusqu'à la mi-janvier et toucher principalement les villes, avant que les déplacements liés aux congés du Nouvel an lunaire (22 janvier) n'en déclenchent une deuxième en février. Le troisième pic se produira entre fin février et mi-mars lorsque les personnes contaminées pendant les vacances retourneront sur leur lieu de travail, a estimé Wu Zunyou, selon des propos rapportés par le quotidien économique Caijing.


S.M avec AFP

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