Une quantité encore inconnue de pétrole s'est déversée dans la forêt amazonienne après la rupture d'un oléoduc.
Il transporte habituellement 160.000 barils par jour sur une distance de 485 kilomètres.
En mai 2020, 15.000 barils s'étaient déversés dans trois rivières après l'endommagement de deux oléoducs.

Sur des vidéos partagées sur les réseaux sociaux, on voit des litres de pétrole se déverser sur la végétation de la forêt amazonienne. Et pour cause, de fortes pluies ont provoqué vendredi des glissements de terrain et des chutes de pierres entrainant la rupture d'un oléoduc de transport de pétrole brut en Équateur dans la zone de Piedra Fina, au cœur de la jungle. 

Dimanche, les autorités tentaient de contenir l'importante fuite qui menace de polluer une rivière, ont indiqué des sources concordantes. À ce jour, ni le gouvernement ni l'OCP n'ont indiqué la quantité de pétrole déversée dans la nature.

Selon le gouvernement, le glissement de terrain a affecté "quatre tuyaux de l'infrastructure" opérée par la société privée OCP (Oleoducto de Crudos Pesados), qui transporte 160.000 barils de brut par jour sur une distance de 485 kilomètres en traversant quatre provinces.

"Aucun effet n'a été constaté"

Dans un tweet diffusé dimanche, le ministère de l'Environnement a indiqué "vérifier que les activités d'urgence, de nettoyage et d'assainissement dans la zone affectée se poursuivent correctement", ajoutant que "notre personnel technique continue d'être déployé dans le secteur de Piedra Fina".

La veille, les autorités ont averti que la pollution pourrait atteindre "les environs de la rivière Coca et éventuellement des réserves d'eau voisines", dont dépendent plusieurs communautés indigènes. "Jusqu'à présent, aucun effet n'a été constaté dans les points de captage d'eau destinés à la consommation humaine", ont encore assuré les autorités.

"Un cas de force majeur"

L'OCP a par ailleurs annoncé que "le pompage du pétrole brut a été arrêté à titre préventif, et qu'il sera rétabli lorsque les conditions appropriées seront réunies". Le comité des opérations d'urgence de la province de Napo a expliqué être intervenu pour distribuer de l'eau potable aux habitants de la zone et avoir lancé des actions de confinement "pour éviter tout dommage environnemental". Aussi, "des bassins de confinement du pétrole brut ont été aménagés pour empêcher tout type d'impact sur les sources d'eau", a expliqué l'OCP.

La société privée "assume la responsabilité de cet événement, causé par un cas de force majeure", a déclaré son président exécutif, Jorge Vugdelija. Sur place, Juan Pablo Fajardo un responsable du ministère, a de son côté constaté "un déversement de grande ampleur". Il a aussi reconnu qu'il "y a eu des dommages aux sources d'eau et qu'il y a également eu des dommages à des tiers".

En décembre, dans ce même secteur de Piedra Fina, l'OCP et la société publique d'oléoduc SOTE avaient dû toutes deux suspendre l'évacuation du pétrole, en raison de l'érosion des sols causée par une rivière et construire des dérivés alternatifs à leurs oléoducs. En mai 2020, encore dans cette zone, un glissement de terrain avait endommagé les deux oléoducs. L'équivalent de quelque 15.000 barils s'étaient déversés dans trois rivières, touchant des populations aux alentours.


E.Ro avec AFP

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