Covid-19 : la propagation fulgurante du variant Omicron

Éruption aux Tonga : comment organiser l'aide d'urgence, tout en empêchant un "tsunami de Covid"

LC. avec AFP
Publié le 19 janvier 2022 à 18h07
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

LOGISTIQUE - Quatre jours après l'éruption et le tsunami dévastateurs aux îles Tonga, les habitants redoutent, avec la venue des secouristes, l'arrivée du Covid-19 dans le petit royaume, jusqu'alors préservé de l'épidémie.

L'archipel du Pacifique va bientôt recevoir l'aide humanitaire de ses voisins, mais si possible, sans le moindre contact. Derrière cette demande, la crainte d'une nouvelle menace pour le petit royaume, épargné par l'épidémie : le coronavirus. Le 15 janvier, les îles Tonga ont en effet été dévastées par une éruption volcanique, entendue jusqu'en Alaska, à plus de 9000 km de là, immédiatement suivie d'un tsunami sans précédent. Ce mercredi, la piste principale d'atterrissage a été dégagée des encombrements, alors que le pays a encore des pans entiers de son territoire couverts de cendres.

L'Australie et la Nouvelle-Zélande ont été les premiers à proposer leur aide. Mais voilà, l'archipel aux plus de 100.000 habitants redoute "un tsunami de Covid", comme l'a expliqué un haut diplomate tonguien à Canberra, Curtis Tuihalangingie, à la chaîne télévisée ABC. Protégées de l'épidémie par leur situation géographique, les îles Tonga n'ont recensé qu'un seul cas du virus depuis son apparition. Grâce également à une politique "zéro Covid" assumée, au moins 60% de la population du pays est entièrement vaccinée, selon les chiffres de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

"L'action humanitaire est de ne pas nuire"

Face à cette logistique particulière, la communauté internationale se tient de leur côté. Mardi, les Nations Unis ont assuré qu'elles tenteraient de garder les îles Tonga à l'abri du virus lors des opérations d'aide. "L'une des premières règles de l'action humanitaire est de ne pas nuire", ont rappelé les agences de l'ONU à Genève. Aussi, "tous les efforts humanitaires déployés pour aider ce petit royaume respecteront les protocoles sanitaires stricts du pays pour le garder à l'écart de la pandémie", ont-elles ajouté.

Parmi les premiers secours, la Nouvelle-Zélande a dépêché deux navires de guerre avec des fournitures et de l'eau potable à bord. Les bateaux devraient atteindre l'archipel en 3 jours environ, et être rejoints par la flotte australienne, avec là encore du matériel de secours. La Chine a également annoncé l'envoi de produits de première nécessité.

Échapper au Covid-19 ou obtenir de l'aide ?

Pour rassurer la communauté internationale, la ministre des Affaires étrangères néo-zélandais, Nanaia Mahuta a déclaré, via voie de presse, que les discussions logistiques avaient porté sur la livraison "sans contact" du matériel et notamment sur la manière dont cela pourrait avoir lieu. La pandémie présente un défi de "toutes sortes de façons", a-t-elle précisé, ajoutant que "certaines activités n'impliqueront aucun contact entre les personnes", comme l'évaluation des fonds marins.

D'après le Washington Post, certains groupes d'aide et des responsables humanitaires travaillent, eux aussi, sur des moyens "sans contact" de fournir de l'eau potable à l'archipel. Même son de cloche du côté de la Croix Rouge qui a déjà dépêché une équipe d'urgence sur les îles très touchées de Mango, Fonoifua et Namuka.

De son côté, l'OMS a déclaré qu'il appartenait maintenant aux autorités du pays d'établir leurs priorités, entre le maintien de leur réglementation anti-Covid et l'obtention de l'aide urgente dont elles ont besoin. "C'est au gouvernement d'établir les règles sur la façon d'entrer dans le pays, sur les protocoles à mettre en place", a indiqué le porte-parole de l'OMS Christian Lindmeier. "Mais ce sera certainement une priorité d'éviter la contamination autant que possible", a-t-il ajouté.


LC. avec AFP

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