Espagne : une statue décapitée de Franco taguée et renversée à Barcelone

Loïc Le Clerc
Publié le 21 octobre 2016 à 12h41
Espagne : une statue décapitée de Franco taguée et renversée à Barcelone

Source : PAU BARRENA / AFP

SCANDALE - L'exposition d'une statue de Franco, représenté à cheval et décapité, a fait fureur à Barcelone. Le but était de dénoncer la présence des symboles franquistes dans l'espace public. La statue est devenu un défouloir.

Coup de com' de la mairie de Barcelone et de son édile Ada Colau ? En début de semaine, à l'occasion d'une exposition, une statue représentant le dictateur Franco à cheval et décapité a été installée devant le centre culturel du quartier El Born, à Barcelone.

Le message derrière cette oeuvre : interpeller sur l'impunité en vigueur en Espagne quant aux symboles franquistes dans l'espace public. Rapidement, la statue fait polémique. Au Conseil municipal, dirigé par la gauche, l'opposition hurlait à l'apologie du fascisme... Le sujet est des plus sensibles en Espagne, où le tabou sur les années de dictature est encore absolu.

Oeufs, arc-en-ciel et poupée gonflable

D'abord, ce furent des jets d'oeufs. Puis la statue de Franco est devenu un défouloir pour les Barcelonais. On y a tout vu, ou presque. Des drapeaux indépendantistes (très symbolique pour le coup, Franco ayant littéralement bridé toute particularité régionale), des tags aux couleurs de la Gay Pride, de la peinture, une porte, une poupée gonflable ou... une tête de porc, "objet" de l'insulte suprême (le footballeur Figo en avait reçu une de la part des fans du Barça lors de son retour au stade avec... le Real Madrid). La statue a finalement fini renversée, couchée sur le flanc, cassée. Après quatre jours, la municipalité l'a retirée.

Le tout sans que jamais la mairie de la capitale catalane n'envoie le moindre policier ou personnel de sécurité. De quoi laisser penser que la maire Ada Colau, très engagée dans la lutte contre les symboles franquistes et pour un travail de mémoire, n'a pas forcément regretté la réaction des habitants, plutôt souriant sur les selfies.


Loïc Le Clerc

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