États-Unis : 91 ans après son exécution, un adolescent noir innocenté

A. B. avec AFP
Publié le 17 juin 2022 à 6h26
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

Alexander McClay Williams a été condamné à mort puis exécuté à 16 ans pour un meurtre qu'il n'a pas commis.
Sa petite sœur, aujourd'hui âgée de 92 ans, se battait depuis des années pour que son innocence soit reconnue.
Plus de 90 ans après les faits, c'est chose faite.

"Nous savions qu’il était innocent, maintenant nous voulons que tout le monde le sache", a confié Susie Williams-Carter. Il y a 91 ans, son frère Alexander McClay Williams a été condamné à mort et exécuté pour meurtre. Cette semaine, un tribunal de Pennsylvanie vient de reconnaître son innocence. À 16 ans, il est le plus jeune garçon de cet État à avoir subi la peine capitale. 

"Nous ne pouvons pas réécrire l’Histoire (…). Mais quand la justice peut être rendue en reconnaissant publiquement une telle erreur, nous devons saisir l’opportunité", a déclaré Jack Stollsteimer, le procureur du comté de Delaware. Après des années de procédures, "cette décision est la reconnaissance que les accusations portées contre lui n’auraient jamais dû l’être", a-t-il ajouté. 

Une longue bataille judiciaire

Le 3 octobre 1930, le corps de Vida Robare, responsable blanche d’un centre de détention pour jeunes délinquants, avait été retrouvé par son mari, "brutalement assassinée" dans son chalet, dans l’enceinte de l’établissement. Alors qu’il purgeait une peine dans ce centre, Alexander McClay Williams avait rapidement été accusé. Il avait alors signé trois aveux lors de cinq interrogatoires qui s’étaient déroulés en l’absence d’un avocat. 

Le bureau du procureur rappelle que, lors de son procès, "l’accusé a fait face à un jury entièrement blanc, qui l’a reconnu coupable en moins de quatre heures" alors que son avocat, nommé ultérieurement, n’avait disposé d’aucune ressource pour préparer sa défense. 

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Pendant des années, la sœur d’Alexander McClay et l’arrière-petit-fils de l’avocat se sont battus pour montrer les "incohérences" du dossier, notamment des éléments qui auraient pu disculper l’accusé et qui ont été ignorés. Par exemple, cette "empreinte de main sanglante d’un homme adulte trouvée près de la porte de la scène de crime, photographiée par la police" mais "jamais mentionnée au procès". 


A. B. avec AFP

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