Après 15 votes, Kevin McCarthy enfin élu président de la Chambre des représentants

Antoine Llorca avec l'AFP
Publié le 7 janvier 2023 à 6h55, mis à jour le 7 janvier 2023 à 7h16

Source : Sujet TF1 Info

Dans la nuit de vendredi à samedi, les républicains ont enfin élu un président pour la Chambre des représentants.
Après 15 votes et des jours de tractations, souvent très tendues, Kevin McCarthy a été élu.
Le président Biden a félicité l'élu californien et l'appelle à "gouverner de manière responsable".

La fin du situation rocambolesque et totalement inédite aux États-Unis. Le républicain Kevin McCarthy a été élu président de la Chambre des représentants dans la nuit de vendredi à samedi, mettant fin à un processus marqué jusqu'au bout par de très vives tensions dans les rangs républicains. 

À force de tractations, le groupe de trumpistes qui paralysait la nomination du quinquagénaire de Californie a finalement cédé. Ils ont mis fin à une pagaille au Congrès, inédite en plus de 160 ans qui préfigure de débats très agités au Congrès américain durant les deux prochaines années. 

Le président Biden a rapidement félicité le nouveau "speaker". "Je suis prêt à travailler avec les républicains quand c'est possible et les électeurs ont clairement indiqué qu'ils attendaient des républicains qu'ils soient également prêts à travailler avec moi", a-t-il déclaré dans un communiqué. "Il est temps de gouverner de manière responsable", a-t-il ajouté. 

Un 14e vote et de fortes tensions

Ces élus ultra-MAGA ont fait durer le suspense jusqu'au bout cette nuit, bloquant une dernière fois la candidature de l'élu au 14ème vote, provoquant une véritable pagaille dans l'hémicycle. Kevin McCarthy s'est alors dirigé vers le groupe de trumpistes, alors que les doigts se pointaient accusateurs. Au milieu du brouhaha, la greffière du Congrès appelait les élus à rester calmes. 

Toute la semaine durant, ce noyau dur d'élus très conservateurs, qui accuse l'élu de se plier aux intérêts de l'establishment et des lobbys de Washington, a profité de la très fine majorité républicaine décrochée par les républicains aux élections de mi-mandat de novembre pour jouer les trouble-fête. Ils n'ont fait retomber la pression qu'après avoir obtenu des garanties de taille -- dont une procédure visant justement à faciliter l'éviction du "speaker". 

Enfin élu, Kevin McCarthy remplace la démocrate Nancy Pelosi au poste de "speaker". Et ressort affaibli de cette élection qui augure d'un mandat très difficile. Au menu dans les prochains mois, des négociations sur le relèvement du plafond de la dette publique américaine, le financement de l'État fédéral et, potentiellement, sur le déblocage de fonds supplémentaires pour la guerre en Ukraine. 

Avec leur nouveau contrôle de la Chambre, les républicains ont aussi promis de lancer une kyrielle d'enquêtes parlementaires sur la gestion par Joe Biden de la pandémie ou du retrait d'Afghanistan. Mais après avoir étalé leurs divisions au grand jour, leurs enquêtes auront-elles le même écho ? 

Faire face à une Chambre hostile, mais désordonnée, pourrait se révéler être une aubaine politique pour Joe Biden, s'il confirme son intention de se représenter en 2024 -- décision qu'il doit annoncer dans les prochaines semaines. Faute de contrôler les deux chambres - ce qui était le cas depuis son investiture en janvier 2021, bien qu'avec une très mince majorité au Sénat - le président américain ne peut plus espérer faire passer de projets de loi majeurs. Mais avec un Sénat aux mains des démocrates, les républicains non plus. 


Antoine Llorca avec l'AFP

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