La Cour suprême révoque le droit à l'avortement, ouvrant la voie à son interdiction

États-Unis : après l'avortement, le droit d'accès à la contraception à son tour menacé ?

I.N
Publié le 25 juin 2022 à 11h18
JT Perso

Source : JT 20h WE

La Cour suprême des États-Unis a révoqué vendredi le droit à l'avortement.
L'un des neuf juges a cité le droit d'accès à la contraception comme un "futur dossier".
Le président américain Joe Biden a prévenu qu'il pourrait être menacé.

La Cour suprême des États-Unis va-t-elle s'arrêter là ? Vendredi, la plus haute juridiction américaine a révoqué le droit à l'avortement en abrogeant l'arrêt Roe vs Wade, près de cinq décennies après son entrée en vigueur. Désormais, tous les États qui le souhaitent peuvent limiter, voire interdire, le recours à l'IVG. Une décision qui a provoqué la colère de nombreux américains, qui sont descendus en nombre dans la rue, mais qui pourrait ouvrir la voie à d'autres interdictions similaires.

Parmi elles, le droit d'accès à la contraception. Garanti par l'arrêt Griswold vs Connecticut, le droit à la contraception est assuré depuis 1965 outre-Atlantique. Après avoir fait un bond de 50 ans en arrière sur l'avortement, la Cour suprême reculera-t-elle de dix années supplémentaires ? C'est ce qu'a laissé entendre l'un des neuf juges de l'institution. "Dans de futurs dossiers" concernant, eux aussi, le respect de la vie privée, "nous devrions revoir toutes les jurisprudences", a écrit le juge de la haute juridiction, Clarence Thomas, dans un argumentaire personnel qui accompagne la décision.

Le juge veut "corriger l'erreur"

Dans le détail, Clarence Thomas cite Lawrence vs Texas de 2003, qui rend inconstitutionnelles les lois pénalisant les relations sexuelles entre personnes de même sexe, Obergefell vs Hodges, l'arrêt de 2015 protégeant le mariage pour tous, et donc Griswold vs Connecticut. D'après le juge, ces jurisprudences s'appuient sur la même disposition de la Constitution que celle, désormais invalidée, qui protégeait le droit à l'avortement. La Cour suprême a "le devoir de 'corriger l'erreur'" qu'elles avaient instaurées, a-t-il écrit.

Toutefois, il s'agit, pour l'instant, uniquement de l'opinion d'un juge - sur les neuf qui constituent le temple du droit américain -, et rien ne dit qu'il arrivera à l'imposer aux autres. La décision de vendredi elle-même, adoptée à la majorité des juges, écrit d'ailleurs noir sur blanc que "rien dans cet arrêt ne doit être interprété comme remettant en doute des jurisprudences sans lien avec l'avortement".

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Mais le président américain Joe Biden, dans son adresse à la Nation, a mis en garde : aucun droit n'est désormais acquis. Il a ainsi "prévenu" des conséquences possibles de cette décision sur d'autres droits "que nous prenons pour acquis", comme l'accès à la contraception ou le droit "d'épouser la personne qu'on aime". "C'est une route extrême et dangereuse sur laquelle la Cour suprême nous a entraînés", a dénoncé le président démocrate.


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