États-Unis : armés de fouets, des gardes-frontières à cheval repoussent des migrants

La rédaction de LCI
Publié le 21 septembre 2021 à 11h11
Un garde-frontière américain à cheval agrippe un migrant près de Del Rio, le 19 septembre 2021.

Un garde-frontière américain à cheval agrippe un migrant près de Del Rio, le 19 septembre 2021.

Source : PAUL RATJE / AFP

TENSIONS - Le week-end dernier, des gardes-frontières américains à cheval ont repoussé des migrants, près de la frontière avec le Mexique, à l'aide de fouets. Des images "horribles" qui ont choqué aux États-Unis.

Les clichés ont suscité l'indignation et l'émoi. Des photos montrant des gardes-frontières à cheval en train de repousser des migrants près de Del Rio, au Texas, ont engendré, lundi 20 septembre, une vive émotion aux États-Unis, où l'administration Biden a annoncé l'ouverture d'une enquête pour faire toute la lumière sur les faits. On y voit notamment un agent attraper un homme par son t-shirt puis tenir un groupe à distance en faisant tourner ses rênes, dans une posture menaçante.

Des patrouilles équestres avaient été déployées, dimanche 19 septembre, près du fleuve Rio Grande, où des milliers de migrants, dont une majorité d'Haïtiens, campent depuis plusieurs jours dans l'espoir d'être admis aux États-Unis. "Je leur ai demandé de chercher si des individus étaient en détresse et de rassembler des renseignements sur des passeurs", a expliqué le chef des gardes-frontières Raul Ortiz, en soulignant que "contrôler un cheval dans un fleuve est difficile". Dans ce cadre, certains agents ont utilisé des longues rênes, a ajouté le ministre de la Sécurité intérieure Alejandro Mayorkas. "Nous allons mener une enquête pour être sûrs que la situation est bien celle-là, dans le cas contraire, nous agirons en conséquence", a-t-il assuré.

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"La situation était tendue"

La scène polémique s'est produite alors que des migrants se lavaient dans le Rio Grande ou traversaient le fleuve pour aller chercher de la nourriture au Mexique et la rapporter à leur famille restée sur le sol américain, selon l'auteur des photos Paul Ratje. Subitement, cinq ou six agents à cheval sont arrivés et leur ont demandé expressément de faire demi-tour. 

"La situation était tendue, et les migrants ont commencé à courir pour les contourner", a-t-il rapporté. "Un des agents a attrapé l'homme de la photo par le t-shirt. Je ne crois pas qu'il ait été blessé". "Je n'ai pas vu de coups de fouet, mais les agents ont fait tournoyer leurs rênes", a-t-il ajouté. La tension est ensuite retombée, les migrants pouvant rejoindre leur camp de fortune.

Un garde-frontière américain repousse les migrants haïtiens à la frontière, le 19 septembre 2021. - PAUL RATJE / AFP

Des images "horribles et très dérangeantes"

Ces images "de mauvais traitements de migrants haïtiens le long de la frontière sont horribles et très dérangeantes", a estimé dans un communiqué l'élu démocrate Bennie Thompson, qui préside la commission sur la Sécurité intérieure à la Chambre des représentants. "C'est horrible à regarder", a reconnu la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki lors d'un point-presse. "Je ne connais pas le contexte, mais je ne vois pas dans quel cadre ce serait approprié", a-t-elle ajouté.

Le secrétaire d'État Antony Blinken s'est entretenu lundi avec le Premier ministre haïtien Ariel Henry "de la coopération afin de rapatrier les migrants haïtiens au sud de la frontière des États-Unis", a indiqué le département d'État. Ils ont fait part de leur "préoccupation commune pour la sécurité des citoyens haïtiens". Blinken a aussi discuté au téléphone avec son homologue mexicain Marcelo  Ebrard de "la coordination pour la gestion du flux de migrants clandestins", a indiqué un porte-parole.

Biden confronté à une crise migratoire

L'afflux de migrants à la frontière s'est transformé en crise pour l'administration Biden. À Del Rio, le ministre de la Sécurité intérieure Alejandro Mayorkas a affirmé que les migrants haïtiens recevaient de fausses informations sur la possibilité de rester aux États-Unis, évoquant un processus de rapatriement accéléré vers Haïti, considérant un tel retour comme sûr pour eux. "Nous avons répété que nos frontières ne sont pas ouvertes et que les gens ne devraient pas entreprendre un tel voyage dangereux", a déclaré le ministre. "Si vous venez de manière illégale aux États-Unis, vous serez renvoyés."

Alejandro Mayorkas a également affirmé qu'il était raisonnable de renvoyer ces migrants vers Haïti, malgré l'instabilité politique qui y règne, et les conséquences du tremblement de terre qui a touché le sud-ouest du pays le 14 août dernier.


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