La Cour suprême révoque le droit à l'avortement, ouvrant la voie à son interdiction

Avortement, prières dans les écoles... La Cour suprême multiplie les décisions conservatrices

TG
Publié le 28 juin 2022 à 16h13
JT Perso

Source : TF1 Info

La Cour suprême a retoqué lundi le licenciement d'un entraîneur de football américain qui priait sur les terrains.
La juridiction sous pavillon conservateur en a profité pour étendre la place de la religion dans les écoles publiques.

La Cour suprême continue ses prises de position conservatrices. Moins d'une semaine après avoir consacré le droit de porter une arme en public puis révoqué dès le lendemain le droit à l'avortement (qu'elle avait reconnu il y a près de 50 ans), la plus haute instance juridique des États-Unis a bouleversé la place de la religion dans la sphère publique. Et plus particulièrement dans les écoles. 

À l'origine de ce nouveau virage conservateur : Joseph Kennedy. Cet ancien marine a, pendant sept ans, supervisé les équipes de football américain du lycée public de Bremerton, près de Seattle (nord-ouest). Après chaque match, il avait pris l'habitude d'effectuer une prière "pour remercier Dieu" au milieu du terrain, parfois rejoint par des joueurs. Il lui arrivait aussi de diriger des prières dans les vestiaires.

"La Constitution n'impose ni ne tolère ce genre de discrimination"

En 2015, les autorités scolaires lui avaient demandé de s'abstenir, s'appuyant sur un article du premier amendement de la Constitution. Ce dernier interdit à l'État, et à ses employés, d'encourager "l'établissement" d'une religion, c'est-à-dire de la financer ou de favoriser sa pratique. Devant le refus de l'enseignant, les autorités n'ont pas renouvelé son contrat. Il avait alors saisi la justice, s'appuyant sur une autre disposition du premier amendement qui garantit, elle, la liberté de religion et d'expression.

Après avoir perdu en première instance et en appel, Joseph Kennedy a donc obtenu raison lundi devant la Cour suprême. "Une entité gouvernementale a voulu punir un individu pour une pratique religieuse brève, calme et personnelle", "la Constitution n'impose ni ne tolère ce genre de discrimination", a écrit le juge Neil Gorsuch au nom de la majorité conservatrice. De quoi irriter ses trois collègues progressistes : ils ont reproché aux six juges conservateurs d'avoir "déformé les faits" du dossier. Selon eux, les prières de l'entraîneur n'étaient pas "personnelles et discrètes", mais "démonstratives". Fait rare, ils ont joint une photo du coach, entouré comme un messie par ses élèves, pour appuyer leur propos. 

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Le coup est rude pour le camp progressiste. Surtout que celui-ci est essuyé une semaine après une décision similaire de la Cour suprême, devant laquelle ils n'ont pu que constater leur impuissance. La majorité a en effet obligé l'État du Maine (nord-est) à inclure les écoles confessionnelles dans un dispositif de subventions publiques. Et, en mai, la haute juridiction avait également jugé discriminatoire le refus par la mairie de Boston d'accrocher le drapeau d'une association chrétienne devant l'hôtel de ville. Cette fois, l'arrêt avait été adopté à l'unanimité et rédigé par le juge progressiste Stephen Breyer de manière à ne s'appliquer qu'à ce cas précis. Sa retenue avait frustré trois des conservateurs qui avaient longuement plaidé pour aller plus loin.


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