Le Capitole envahi par des partisans de Donald Trump

Capitole envahi : "À la violence des mots souvent succède la violence physique", soulève Marc Fesneau

Y.R
Publié le 8 janvier 2021 à 10h00
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Source : TF1 Info

INTERVIEW - Invité de LCI ce vendredi 8 janvier, Marc Fesneau, ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement, cible la responsabilité de Donald Trump dans l'invasion du Capitole mercredi à Washington.

"Voilà ce que ça produit..." Après l'invasion du Capitole à Washington par une horde de partisans pro-Trump, mercredi 6 janvier, un coup de force qui a causé le décès de quatre manifestants et d'un policier, le rôle indirect qu'a joué Donald Trump est pointé du doigt. "J'ai eu un sentiment de sidération devant ce qui est le temple de la démocratie américaine. C'est comme si nous avions assisté à l'invasion de l'Assemblée nationale ou du Sénat, c'est quelque chose d'inimaginable. C'est le lieu où se fait la démocratie, surtout un jour particulier où devait se valider l'élection présidentielle", a commenté Marc Fesneau, ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et de la Participation citoyenne, invité de LCI ce vendredi 8 janvier.

"Au fond ce sont quatre années, où le Président en place a plutôt noué la querelle et la division du peuple américain, la défiance envers les institutions, y compris démocratiques, judiciaires et médiatiques", a estimé le ministre délégué auprès du Premier ministre. "Au fond quand on œuvre ainsi, qu'on divise, jette le doute et l'opprobre sur les institutions et que, quelques heures avant, on incite ses partisans à aller au Capitole, les mots en politique ont une importance et voilà ce que ça produit..."

Il serait bien que madame Le Pen se l'applique à elle-même

Marc Fesneau, ministre délégué aux Relations avec le Parlement

Marc Fesneau n'a pas manqué non plus de glisser un tacle à Marine Le Pen. Interrogée sur France 2, jeudi 7 janvier, la présidente du RN avait jugé que le président Trump "n'a pas mesuré la portée de ses propos sur une partie de ces gens que la défaite a exacerbée". "Il serait bien que madame Le Pen se l'applique à elle-même", lui a répondu le ministre. "Quand on parle dans le champ de l'espace public et quand on est un responsable politique, il faut faire attention à ses propos. Ce que produit la voix d'un responsable politique sur ceux qui le soutiennent est très forte. J'ai toujours dit, depuis très longtemps, qu'il fallait faire attention aux mots qu'on portait, quand on appelle à envahir, à l'insurrection, à renverser, dans des esprits qui sont parfois des esprits troublés, et on en a vu beaucoup au Capitole, ça produit quelque chose qui est de l'ordre de la violence", a poursuivi l'ancien président du MoDem à l'Assemblée nationale.

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"À la violence des mots souvent succède la violence physique", a-t-il tonné. "C'est ce qu'on a vu au Capitole. Au bout, je le dis quand même, c'est quatre morts parmi les manifestants et un mort policier. Dans nos grandes démocraties, qui sont ballotées, il faut faire très attention aux mots. Heureusement, il y a des contrepouvoirs. Il faut les renforcer. Les institutions ne sont pas parfaites, elles ont besoin parfois d'être réformées, mais il faut toujours les protéger, sinon c'est la loi du plus fort qui s'impose."


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