Trump destitué ? Pourquoi les bookmakers ont très peu de chances de remporter leur pari

Publié le 11 mai 2017 à 13h45, mis à jour le 11 mai 2017 à 15h38
Trump destitué ? Pourquoi les bookmakers ont très peu de chances de remporter leur pari

ETATS-UNIS - L'éviction surprise du patron du FBI a provoqué une flambée des paris sur une éventuelle destitution de Donald Trump. Sauf que la procédure est plus complexe qu'il n'y paraît.

Faites vos jeux, rien ne va plus ! L'éviction surprise du patron du FBI James Comey n'a pas simplement soulevé une onde de choc à Washington : elle a également provoqué une flambée des paris sur une éventuelle destitution de Donald Trump. Une destitution qui serait plus que jamais proche selon les bookmakers… mais néanmoins  guère envisageable.

Chez les bookmakers américains, la probabilité de voir l'hôte de la Maison Blanche visé par une procédure parlementaire d'"impeachment"  a quasiment doublé mercredi, passant de 33% à 60%. "On n'avait jamais atteint une telle probabilité d'un impeachment de Trump dans son premier mandat", a commenté le porte-parole de la société irlandaise de paris en ligne Paddy Power.

Donald Trump limoge le patron du FBI, les Démocrates crient au scandale politiqueSource : JT 20h Semaine

Acquittement ou condamnation ?

Si les parieurs en ligne s'excitent, c'est que Donald Trump fait face à une pluie de critiques après son coup de force contre James Comey, limogé alors qu'il enquêtait sur les relations du milliardaire avec la Russie. En outre, une pétition en ligne appelant à l’ouverture d’une procédure d’impeachment (destitution) a déjà rassemblé près d'un million de signataires. Problème : dans les faits, l’impeachment est une procédure complexe et guère envisageable concernant Donald Trump. 

Dans le détail, il est stipulé dans la Constitution américaine que "le président, le vice-président et tous les fonctionnaires civils des Etats-Unis seront destitués de leurs charges sur mise en accusation et condamnation pour trahison, corruption ou autres crimes et délits majeurs". Prévue par l’article II, la mesure doit être votée à la majorité simple à la Chambre des représentants. Au tour ensuite du Sénat de la juger : la procédure peut déboucher sur un acquittement ou sur une condamnation suivie automatiquement du limogeage du chef de l’Etat, si la majorité des deux tiers au Sénat est obtenue.

Un acte éminemment politique

Sur le plan historique, seulement 3 des 45 présidents américains ont été inculpés pour délits ou crimes passibles de destitution, et aucun n’a été effectivement destitué. Andrew Johnson et Bill Clinton furent acquittés par le Sénat, et Richard Nixon démissionna avant d’être jugé. Par ailleurs, la destitution est un acte éminemment politique, plus qu’une procédure juridique. Or, pour le moment, les républicains sont majoritaires à la Chambre et au Sénat, et donc décisionnaires quant à l’ouverture d’une procédure en destitution et à l’interprétation de l’article 2 en cas de procès.

Que ses détracteurs se rassurent, une "fenêtre de tir" pour faire chuter Donald Trump doit s'ouvrir ces prochain mois. Plus exactement en novembre 2018, aux élections de mi-mandat. Les 435 sièges de la Chambre des représentants seront alors renouvelés, de même qu’un tiers des 100 sièges du Sénat. L'occasion, peut-être, pour les démocrates de rafler la mise. Et d'avoir toutes les cartes en main pour faire vaciller l'hôte de la Maison Blanche.


Thomas GUIEN

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