Elle veut évincer Trump avant la présidentielle 2024 : qui est Nikki Haley, la nouvelle candidate républicaine ?

Publié le 14 février 2023 à 18h43

Source : Sujet TF1 Info

La républicaine Nikki Haley a officialisé mardi sa candidature à l'élection présidentielle américaine 2024.
L'ancienne ambassadrice à l'Onu et gouverneure de Caroline du Sud devient ainsi la première personnalité à concurrencer Donald Trump, dont elle a d'ailleurs fait partie de l'administration.
Voici ce qu'il faut savoir sur cette élue de 51 ans.

Cartes sur table. À moins de deux ans du scrutin, Nikki Haley s'est déclarée candidate à l'élection américaine 2024. "Je suis candidate à l'élection présidentielle", a déclaré la quinquagénaire, ce mardi 14 février dans une vidéo à ses partisans. "Même dans nos jours les plus sombres, nous avons une chance incroyable de vivre en Amérique", affirme la Républicaine, qui devient la première rivale de Donald Trump à se lancer officiellement dans la course à la Maison Blanche. Cela ne l'empêche pas de critiquer le bilan "épouvantable" des premières années de mandat de Joe Biden, le président actuel. 

"Fière fille" d'immigrants indiens

Fille d'immigrants indiens, Nikki Haley est née Nimrata Randhawa à Bamberg, en Caroline du Sud. "Je suis la fière fille d’immigrants indiens. Ils sont venus en Amérique et se sont installés dans une petite ville du sud. Mon père portait un turban. Ma mère portait un sari. J’étais une fille brune dans un monde noir et blanc. Nous avons été confrontés à la discrimination et aux difficultés, mais mes parents n’ont jamais cédé au grief et à la haine", a-t-elle raconté lors de son discours prononcé à la Convention nationale républicaine en 2020. 

Gouverneure de la Caroline du Sud à deux reprises

Diplômée de l'université de Clemson, elle se lance en politique en 2004. Cette année-là, elle remporte sa première élection, intégrant le parlement de Caroline du Sud. Quelques années plus tard, en 2010, elle est élue 116e gouverneure de ce même État. Elle devient la première femme issue d'une minorité à accéder à cette fonction aux États-Unis, comme le rappelle le site internet de sa campagne. Elle est aussi la plus jeune. Ses administrés lui renouvellent leur confiance quatre ans plus tard. Au cours de ce second mandat, elle s'illustre en réclamant le retrait du drapeau confédéré - considéré par beaucoup comme un symbole du racisme - du parlement de Caroline du Sud, à la suite de la tuerie de Charleston (2015). 

Dans la foulée, en 2016, elle intègre le classement du Times des 100 personnes les plus influentes du monde. 

Une position précaire vis-à-vis de Donald Trump

Hostile au mariage homosexuel, aux syndicats, aux impôts, et favorable à la répression de l'immigration illégale, cette conservatrice dynamique et ambitieuse voit sa carrière prendre un nouveau tournant lors de l'élection de Donald Trump. Très appréciée de l'ancien président, elle est nommée ambassadrice à l'Organisation des Nations unies. Elle s'impose rapidement à ce nouveau poste par son pragmatisme et son inflexibilité, notamment lors des négociations de l'accord sur le nucléaire iranien, auquel elle est fermement opposée. "On ne met pas du rouge à lèvres sur un cochon", lance-t-elle, à l'époque, à ce sujet. Elle défend aussi le retrait de Washington de l'accord de Paris sur le climat et du Conseil des droits de l'homme des Nations unies. 

Beaucoup des actions de Trump (...) étaient mauvaises et seront jugées sévèrement par l'Histoire
Nikki Haley

L'ancienne parlementaire de 51 ans a toutefois pris soin de prendre ses distances avec l'ex-chef d'État, rattrapé depuis plusieurs mois par de multiples affaires. Lors des débats en 2018 autour de la nomination du juge conservateur Brett Kavanaugh à la Cour suprême, accusé d'agression sexuelle, elle a, par exemple, appelé à écouter ses victimes présumées. Une position à rebours d'une grande partie de son camp. Depuis son départ de l'administration Trump, ses positions sont devenues encore plus tranchées. Cette mère de deux enfants, mariée à un officier de la Garde nationale, a ainsi fustigé l'invasion du Capitole le 6 janvier 2021. "Beaucoup des actions (de Trump), depuis l'élection de 2020, étaient mauvaises et seront jugées sévèrement par l'Histoire", estime-t-elle. 

Mais dans le même temps, elle a rapidement mis de l'eau dans son vin, estimant que "la plupart des politiques de Trump étaient remarquables et ont rendu l'Amérique plus forte, plus sûre et plus prospère". "Je défendrai l'essentiel du bilan de Trump et sa détermination à secouer le statu quo et la corruption de Washington. Je ne défendrai jamais l'indéfendable", conclut-elle. 

L'incarnation d'une nouvelle génération

Désormais, celle qui répète à cor et à cri qu'elle "n'a jamais perdu une élection" espère amorcer un "changement générationnel" au sein de son parti. "Les républicains ont perdu le vote populaire lors de sept des huit dernières élections présidentielles. Il faut que ça change", martèle-t-elle dans la vidéo d'annonce de sa candidature. Une manière subtile d'appeler à une rupture avec l'ère Trump. 

"L'annonce de Haley donne officiellement le coup d'envoi de la primaire désordonnée des trumpistes de 2024, à laquelle on s'attendait depuis longtemps", analyse le chef du parti démocrate, Jaime Harrison, pour l'AFP. "Sortez le popcorn", glisse-t-il avec humour. La bataille pour l'investiture républicaine promet, en effet, d'être âpre, entre un Donald Trump revanchard et un Ron DeSantis - gouverneur de Floride et étoile montante du parti - que beaucoup voient sur la ligne de départ de cette course à la Maison Blanche. D'autres noms, comme Mike Pompeo - l'ancien vice-président de Donald Trump et son ex-chef de la diplomatie - ou encore les gouverneurs de Virginie et du New Hampshire, pourraient se joindre à la bataille. 


Maxence GEVIN

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