Un projet de loi porté par les républicains en Floride prévoit de réserver les cours d'éducation sexuelle aux jeunes adolescents, et pas plus tôt.
Le sujet des cycles menstruels pourrait donc ne plus être abordé par les enseignants auprès des écolières.
Un texte dans la lignée d'une série de projets de loi conservateurs dans cet État du sud des États-Unis.

Les règles pourraient devenir un sujet bientôt tabou dans les écoles de Floride. Un projet de loi dans cet État américain, où les républicains ont récemment présenté une série de textes très controversés, pourrait interdire l'éducation sur les cycles menstruels dans les établissements scolaires pour les petites filles. Elles risquent d'être empêchées d'aborder le sujet avec leurs enseignants, a reconnu un élu de cet État cette semaine.

Le projet de loi, soutenu par le républicain Stan McClain, prévoit de limiter dans les écoles publiques les cours liés à la santé sexuelle, et notamment aux règles, aux classes de la 6e année à la 12e, c'est-à-dire à des enfants âgés de 11 à 12 ans minimum. Lors d'une session d'un comité sur l'éducation au parlement de Floride, une élue démocrate, Ashley Gantt, a interrogé son collègue républicain. "Est-ce que ce projet de loi interdit les conversations sur les cycles menstruels", et si des petites filles sont plus jeunes que l'âge fixé, "est-ce que cela interdirait des discussions de leur part ?", lui a-t-elle demandé. "Oui, cela serait le cas", a reconnu Stan McClain.

"Ridicule" et "absurde" pour le planning familial

La plupart des jeunes filles ont leurs premières règles entre 12 et 13 ans, mais certaines peuvent les avoir plusieurs années plus tôt, selon l'association américaine des gynécologues et obstétriciens. "Imaginez une petite fille (...) allant aux toilettes et trouvant du sang dans sa culotte, et pensant qu'elle va mourir", s'est offusquée Ashley Gantt. "Et son enseignant n'a même pas la possibilité de lui dire que cela fait partie de la vie."

Les premières règles peuvent arriver "à n'importe quel moment entre 9 et 16 ans", a aussi souligné dans une déclaration Annie Filkowski, responsable en Floride pour l'organisation de planning familial Planned Parenthood. "Il est ridicule d'empêcher (les enfants) d'en discuter avec leur enseignant", a-t-elle ajouté, en qualifiant le projet de loi d'"absurde".

Stan McClain a nuancé un peu plus tard sa position, affirmant que l'esprit de ce projet de loi n'était pas de punir les jeunes filles posant des questions à leurs enseignants. Son projet de loi souhaite également permettre aux parents de protester contre les livres et programmes présentés à leurs enfants, et exiger que les enseignants apprennent aux écoliers que l'identité sexuelle d'une personne est déterminée biologiquement à la naissance, relaie le magazine américain Time. Le parlementaire s'est toutefois dit ouvert à des amendements sur son texte, selon plusieurs médias américains. 

Ce projet de loi fait partie d'un ensemble de textes qui pourraient durablement transformer le système éducatif en Floride. Le gouverneur de cet État du sud des États-Unis, Ron DeSantis, flirte ouvertement avec une candidature à la présidentielle de 2024 et s'est engagé à faire de son État un laboratoire des idées conservatrices. Au début du mois, il a présenté une série de mesures, qui visaient par exemple également l'accès des mineurs transgenres aux traitements bloquant la puberté, entre autres, ou encore l'accès à l'avortement. Tous ces textes ont de très grandes chances d'être adoptés compte tenu de l'influence énorme dont le républicain de 44 ans jouit sur son parti, majoritaire dans les deux chambres du parlement de Floride.


M.L (avec AFP)

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