Eric Adams, maire démocrate de New York, a estimé que la crise migratoire allait "détruire" sa ville.
La mégalopole américaine reçoit plus de 10.000 nouveaux migrants économiques et demandeurs d'asile par mois.

La crise migratoire va-t-elle "détruire New York" ? C'est en tout cas ce qu'Eric Adams affirme. Le maire démocrate de la mégalopole américaine a tiré la sonnette d'alarme mercredi soir, un phénomène qu'il ne parvient pas à résoudre depuis plusieurs mois.

En un an et demi, plus de 110.000 migrants sont arrivés dans la mégapole américaine de 8,5 millions d'habitants. Soit plus de 10.000 par mois. "Jamais dans ma vie je n'avais été confronté à un problème auquel je ne voyais pas de fin. Je ne vois pas de fin à celui-là", a déclaré l'édile lors d'un débat public. Début août, Eric Adams avait chiffré à 12 milliards de dollars sur trois ans le coût que pourrait représenter la crise migratoire dans sa mégapole.

Comment expliquer un tel afflux ? Déjà, car des dizaines de milliers de demandeurs d'asile et de migrants ont débarqué dans la ville pour fuir la misère, l'instabilité politique ou les violences secouant le Venezuela et d'autres pays d'Amérique latine comme la Colombie, le Nicaragua ou le Honduras. Le continent américain n'est pas le seul concerné : plus récemment, ce sont des centaines de jeunes hommes d'Afrique de l'Ouest, notamment du Sénégal, de Mauritanie et de pays voisins, qui s'entassent, eux aussi, sur des trottoirs, dans l'espoir d’obtenir un hébergement.

C'est cette perspective qui attire de nombreux migrants : New York, de par la législation en vigueur, est en effet tenue de fournir un abri, de la nourriture et des soins à toute personne faisant une demande d'asile. Mais la ville-monde, qui a bâti sa légende sur des vagues successives d'immigrations, affirme aujourd'hui n'avoir "plus la place" d'accueillir les derniers migrants africains.

"Nos ressources ne sont pas illimitées"

Eric Adams, ancien policier afro-américain, réclame désormais avec insistance de l'aide au gouvernement fédéral pour faire face. "La compassion des New-Yorkais est peut-être illimitée, mais nos ressources ne le sont pas", avait-il déjà affirmé en août.

Une autre explication, politique celle-ci, explique ce phénomène. En effet, l'immigration clandestine d'Amérique latine est au cœur des débats, à moins de 18 mois de la présidentielle de novembre 2024. Pour brocarder la politique migratoire jugée laxiste du président Biden, des gouverneurs républicains d'États du Sud, classés très à droite, comme le Texas et la Floride, ont ainsi financé des voyages en avion ou en bus pour acheminer des migrants hispaniques dans des villes démocrates considérées comme des "sanctuaires" de gauche, à l'instar de New York.

Candidat républicain à l'élection présidentielle de 2024, le gouverneur de Floride Ron DeSantis a par exemple assumé le transfert de 48 migrants par avion depuis le Texas vers l'île de Martha's Vineyard, lieu de villégiature prisé de la haute société américaine, située dans le Massachusetts (nord-est). Selon une enquête judiciaire, ils auraient été attirés dans l'avion par des fausses promesses d'emploi, a rapporté le journal Miami Herald.


Thomas GUIEN

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