États-Unis : l'avortement quasi-interdit dans l'Arkansas, même en cas de viol et d'inceste

A.P
Publié le 10 mars 2021 à 9h47
L'Etat américain de l'Arkansas a adopté mardi une loi interdisant l'avortement même en cas de viol ou d'inceste.

L'Etat américain de l'Arkansas a adopté mardi une loi interdisant l'avortement même en cas de viol ou d'inceste.

Source : NICHOLAS KAMM / AFP

DROITS DES FEMMES - Ce mardi, l'État du Sud des États-Unis a adopté une loi interdisant l'IVG même en cas de viol ou d'inceste. À travers cette décision, les anti-IVG espèrent un revirement de la Cour suprême, à majorité ultra-conservatrice, sur la question.

Ce n'est pas le premier à prendre cette décision. L'Arkansas a adopté mardi 9 mai une loi interdisant l'avortement même en cas de viol ou d'inceste. La seule exception prévue dans le texte promulgué dans cet État du Sud des États-Unis, longé par le Mississippi et connu pour son conservatisme chrétien, est pour "sauver la vie de la mère lors d'une urgence médicale", a annoncé son gouverneur, le républicain Asa Hutchinson. Il a dit avoir ratifié cette loi en raison de ses "convictions sincères" contre l'avortement. Le texte ne doit pas entrer en vigueur avant l'été. La puissance organisation de défense des droits civiques ACLU a d'ores et déjà annoncé qu'elle le contesterait en justice.

Mais l'enjeu de cette loi dépasse les frontières de l'Arkansas. Les opposants à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) espèrent pousser à un revirement de la Cour suprême des Etats-Unis qui, en 1973, a déclaré que les Américaines avaient un droit à avorter. Il s'agit du célèbre arrêt Roe VS Wade. Un tel revirement permettrait à chaque État de faire ce qu'il veut et augmenterait encore les inégalités territoriales. 

"Le but de cette loi est de préparer le terrain pour que la Cour suprême annule la jurisprudence actuelle", a indiqué sans détour le gouverneur de l'Arkansas, dans un communiqué. Le temple du droit américain est ancré solidement à droite depuis la nomination par Donald Trump de la juge catholique conservatrice Amy Coney Barrett, quelques jours avant sa défaite à la présidentielle. 

Depuis une vingtaine d'années, les États du Sud (la "Ceinture de la Bible" comme on les appelle aux États-Unis) et du centre du pays ont multiplié les textes de loi restrictifs sur l'avortement, imposant par exemple une largeur pour les couloirs menant aux blocs opératoires, contraignant de nombreuses cliniques à fermer leurs portes. Par exemple, dans l'Alabama, un médecin qui réalise une IVG, même après un viol, risque 99 ans de prison. Du côté de la Georgie ou dans le Tennessee, une femme ne peut pas avorter après six semaines de grossesse.

L'avortement divise encore fortement la population américaine, avec une opposition toujours très vive notamment dans les milieux religieux. Cette offensive contre l'IVG a été fortement encouragée par la politique du président américain Donald Trump, soucieux de flatter son électorat fondamentaliste. Lors de son mandat, l'ex-magnat de l'immobilier a eu l'occasion de nommer plusieurs juges anti-avortement à la Cour suprême : Neil Gorsuch et surtout Brett Kavanaugh, un catholique pratiquant. En janvier 2020, Donald Trump avait d'ailleur été le premier président à participer à une marche anti-avortement.


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