États-Unis : la NRA prétend être en banqueroute pour échapper à la justice

La rédaction de LCI
Publié le 16 janvier 2021 à 11h41
Des armes déposées sur un champ de tir aux Etats-Unis, lors d'un festival célébrant le second amendement américain, en octobre 2020.

Des armes déposées sur un champ de tir aux Etats-Unis, lors d'un festival célébrant le second amendement américain, en octobre 2020.

Source : SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

TACTIQUE - Pour éviter d'assumer ses responsabilités devant la justice, le lobby américain des armes, la NRA, s'est déclarée en faillite. Une stratégie qui doit permettre la suspension des poursuites engagées à son encontre dans l'État de New York.

Déclarer la faillite plutôt que de s'exposer à des poursuites judiciaires dans l'État de New York. Voilà la stratégie choisie par la National Rifle Association (NRA), le puissant lobby américain des armes. L'organisation et l'une de ses filiales ont ouvert une procédure dite de "chapitre 11" devant un tribunal des faillites du Texas, afin d'assurer son avenir "libre de l'environnement politique toxique de New York", a écrit son patron Wayne LaPierre dans un courrier à ses adhérents. "Ce plan se résume très simplement : on PLAQUE New York", a-t-il ajouté. Aux États-Unis, se placer sous le chapitre 11 entraîne la suspension des poursuites et empêche les créanciers d'agir pour obtenir le paiement de leurs créances. En réalité, précise le patron, "aucun changement majeur des opérations et dans le personnel ne sont prévus". "La NRA n'est pas en faillite, n'arrête pas ses activités et n'est pas insolvable", a-t-il assuré. 

Des détournements de fonds de l'ordre de plusieurs dizaines de millions de dollars

La justice de l'État démocrate de New York avait porté plainte en août contre la NRA, Wayne LaPierre et trois autres hauts responsables. Ils sont accusés d'avoir utilisé les contributions de leurs adhérents comme "leur propre tirelire", au point d'avoir rendu l'organisation quasi insolvable. Si la procureure générale Letitia James a nié toute motivation politique, elle a toutefois reconnu que cette plainte pourrait conduire à la dissolution de la NRA. "Le statut financier déclaré par la NRA a finalement rejoint son état moral : en faillite", a-t-elle commenté après l'annonce du plan de restructuration. "Nous n'autoriserons pas la NRA à utiliser cette tactique ou une autre pour échapper à ses responsabilités", a-t-elle ajouté.

En 2019, des documents internes à la NRA ont été diffusés sur Internet et dans la presse, mettant dans l'embarras son dirigeant en révélant son train de vie dispendieux. Des vêtements de luxe et des voyages aux Bahamas ou en Italie ont été réglés par la NRA grâce à des montages financiers validés par des alliés en interne. Selon la procureure de New York, ils ont contribué à des pertes de l'ordre de 64 millions de dollars en trois ans.

Malgré ces sorties compromettantes et la multiplication des fusillades aux États-Unis, les Américains restent très attachés à leurs armes. Ils se sont même rués pour en acheter davantage depuis le début de la pandémie, et encore plus lors des grandes manifestations antiracistes du printemps, et des tensions électorales de l'automne.


La rédaction de LCI

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