San Francisco renonce à utiliser des "robots tueurs"... pour le moment

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Publié le 8 décembre 2022 à 13h30
JT Perso

Source : JT 20h WE

San Francisco souhaitait autoriser ses policiers à utiliser des robots tueurs, en cas notamment d'attaque terroriste ou de fusillade.
Devant la polémique, le conseil municipal a renvoyé la mesure en commission.

"Je ne pense pas que des robots armés et télécommandés nous rendront plus sûrs". Après plusieurs jours de tergiversations, le conseiller municipal de San Francisco Gordon Mar a décidé, comme la majorité de ses collègues, de renvoyer aux calendes grecques une mesure polémique. Sa ville envisageait en effet d'autoriser les forces de l'ordre de la ville à utiliser des robots capables de tuer.

La police de San Francisco possède déjà plusieurs robots, qu'elle peut contrôler à distance. Ils sont utilisés lorsque les policiers doivent garder leurs distances avant de sécuriser un lieu, comme lors d'une situation d'alerte à la bombe. Mais la municipalité voulait aller plus loin : la nouvelle mesure permettrait d'utiliser ces engins pour placer une "charge explosive" capable de "neutraliser ou désorienter un suspect violent armé ou dangereux qui menace de prendre des vies", selon la police. Concrètement, ces "robots tueurs", aurait pu être déployés dans certains cas extrêmes, comme les attaques terroristes ou les tueries de masses.

"Une option du dernier recours"

Problème : la mesure a nourri une vive polémique. De nombreux opposants ont en effet critiqué cette idée, craignant qu'elle débouche sur une augmentation des violences policières et un futur digne du film "Robocop". Lors du conseil municipal, plusieurs opposants sont ainsi entrés pendant la séance, pancartes à la main. Des dizaines de personnes sont également venues protester devant l'hôtel de ville de San Francisco, avec des pancartes demandant "de ne pas armer la police avec de nouvelles armes" ou affirmant encore que "les robots tueurs ne sont pas la solution".

"L'usage de robots dans des situations potentiellement meurtrières est une option de dernier recours", avait assuré début décembre dans un communiqué le chef de la police de San Francisco, William Scott. "Nous vivons une époque où la violence de masse devient plus fréquente", a-t-il insisté. "Nous avons besoin de cette option pour sauver des vies, dans le cas où ce genre de tragédie se produirait dans notre ville."

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Finalement, le conseil a fait machine arrière en approuvant la législation qui permet à la police de San Francisco d'obtenir de l'équipement militaire, mais sans l'usage des robots. Celle-ci a été renvoyée en commission, et sera soumise à un nouveau vote prochainement.


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