États-Unis : le lobby des armes qualifie de "héros" un civil ayant abattu un tireur

A.B.
Publié le 19 juillet 2022 à 8h49
JT Perso

Source : JT 20h WE

Le lobby américain des armes a salué, lundi, les actes "héroïques" d'un civil.
Ce dernier, avec son pistolet, a abattu un tueur dans un centre commercial.

Ils n'ont pas manqué l'occasion. Lundi, aux États-Unis, le puissant lobby américain des armes à feu s'est emparé d'un fait divers pour défendre sa cause. Il a en effet salué les actes "héroïques" d'un civil qui, avec son pistolet, a abattu un tueur dans un centre commercial. 

Les faits se sont déroulés dimanche soir. Jonathan Sapirman, un jeune homme de 20 ans dont on ignore encore les motivations, ouvre alors le feu avec un fusil semi-automatique dans les travées d'une galerie commerciale de l'Indiana. Il tue deux hommes de 30 ans et un couple attablé dans un espace de restauration avant d'être abattu par Elisjsha Dicken, un client de 22 ans qui portait un pistolet sans permis comme l'y autorise depuis peu la loi locale.

Une intervention saluée jusque dans les rangs de la police américaine. "Beaucoup plus de gens seraient morts la nuit dernière si ce citoyen armé et responsable n'avait pas réagi très vite, deux minutes après les premiers tirs", a déclaré le chef de la police de Greenwood, James Ison, lors d'une conférence de presse. Le tireur, qui semble avoir préparé ses actes puisqu'il a noyé son téléphone dans les toilettes et brûlé son ordinateur dans un four avant de passer à l'acte, disposait en effet d'un second fusil d'assaut, d'un pistolet et de nombreuses munitions, a-t-il révélé.

"Armer une bonne personne"

Il n'en fallait pas plus pour que la puissante National Riffle Association (NRA) ne se saisisse du drame pour réaffirmer qu'armer la population était une bonne chose pour la sécurité publique. "Nous le redisons : la seule façon d'arrêter une mauvaise personne armée est d'armer une bonne personne", a ainsi tweeté le lobby. Une autre association de défense du droit au port d'armes, le CCRKBA, a repris le même credo : "Nous portons des armes pour nous défendre et défendre les autres face aux criminels et aux fous", a déclaré son patron Alan Gottlieb dans un communiqué.

Des sorties qui ont créé la polémique alors que le nombre de tueries de masse atteint des niveaux inquiétants aux États-Unis. La présidente de l'association Brady Campaign, qui milite pour un meilleur encadrement des armes à feu, a ainsi rétorqué : "Soyons clair : si les armes renforçaient notre sécurité, l'Amérique serait le pays le plus sûr au monde". 

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Près de 400 millions d'armes étaient en circulation dans la population civile aux États-Unis en 2017, soit 120 armes pour 100 personnes, selon le projet Small Arms Survey. Plus de 24.000 personnes ont été tuées par balle depuis le début de l'année, dont 13.000 par suicide, d'après le site Gun Violence Archive, qui a recensé sur la période 354 fusillades ayant fait au moins quatre victimes. Plusieurs d'entre elles, dans une école du Texas ou un supermarché fréquenté par des Afro-Américains, ont particulièrement choqué le pays, dont les élus ont, pour la première fois en 30 ans, réussi à s'entendre en juin sur une (modeste) réforme des lois sur les armes.


A.B.

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