La Cour suprême révoque le droit à l'avortement, ouvrant la voie à son interdiction

Élections de mi-mandat : Joe Biden place le droit à l'avortement au cœur de la campagne

F.S.
Publié le 18 octobre 2022 à 23h07
JT Perso

Source : JT 20h WE

Le président américain a promis une loi pour garantir le droit à l'avortement, en cas de victoire.
À l'approche des élections de mi-mandat, Joe Biden mise sur l'indignation suscitée par sa mise en cause.
La situation économique difficile limite les chances d'un succès démocrate lors de ce scrutin.

"Rappelez-vous ce que vous avez ressenti ce jour-là (...) la colère, l'inquiétude, l'incrédulité", a lancé Joe Biden lors d'un discours devant le parti démocrate à Washington. Le président américain a rappelé "le chaos" ayant suivi la décision de la Cour suprême en juin dernier, de revenir sur son arrêt Roe v. Wade, une jurisprudence qui garantissait le droit à l'avortement des Américaines depuis 1973. 

L'avortement interdit dans seize États américains

"En quatre mois, des lois interdisant d'avorter sont entrées en vigueur dans seize États", a martelé Joe Biden, et "les élus républicains du Congrès ont renchéri" en promettent d'adopter cet interdit au niveau fédéral s'ils prenaient le contrôle du Congrès à l'issue des élections du 8 novembre. Le meilleur moyen, selon lui "d'arrêter ces lois extrémistes", serait d'adopter une loi au niveau fédéral "pour graver dans le marbre Roe v. Wade une bonne fois pour toutes"

Je vous promets que la première loi que j'enverrai au Congrès visera à codifier Roe

Joe Biden

Et pour obtenir cela... il faut penser à voter aux élections de mi-mandat, qui ne s'annoncent pas bonnes pour les démocrates. "Pour l'instant, il nous manque quelques voix", a reconnu le président américain, en appelant les électeurs à envoyer davantage d'élus démocrates au Sénat et à la Chambre des représentants. "Si vous le faites, je vous promets que la première loi que j'enverrai au Congrès visera à codifier Roe" a-t-il poursuivi en conséquence, "et dès que le Congrès l'aura adoptée, je la signerai, en janvier, pour les 50 ans" de cet arrêt historique.

Une majorité nette dans les deux chambres est nécessaire

Une proposition de loi en ce sens a déjà été adoptée par la majorité démocrate de la Chambre des représentants, mais le texte patine au Sénat, où il faudrait une majorité qualifiée de 60% pour l'adopter, en raison d'un mécanisme procédural complexe appelé "filibuster". Joe Biden a longtemps répugné à changer cette règle, censée encourager le compromis entre les deux grands partis, à laquelle est très attaché celui qui fut aussi parlementaire durant 36 ans. 

Il s'est finalement dit prêt à faire une exception et à la lever pour garantir le droit des Américaines à avorter. Or, deux des 50 sénateurs démocrates refusant de toucher au "filibuster", il faudrait que les démocrates remportent deux nouveaux sièges pour changer la donne, lors des élections du 8 novembre prochain, tout en conservant leur majorité à la Chambre des représentants.

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Un objectif qui semble particulièrement ambitieux : le camp démocrate semble de longue date promis à une sanction électorale, sur fond d'inflation et avec le risque d'une récession en vue. Des préoccupations beaucoup plus prégnantes que l'avortement dans le choix des électeurs, selon une récente enquête du New York Times. 

Le camp démocrate a cependant été galvanisé par un référendum organisé début août dans le très conservateur État du Kansas, où les électeurs se sont mobilisés massivement pour rejeter un amendement constitutionnel hostile à l'IVG. Une victoire inattendue pour le camp progressiste, comme celle à laquelle veut croire le président américain dans trois semaines, et pour laquelle il mise beaucoup sur la cause de l'avortement.


F.S.

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