ENERGIE - Le Congrès américain devrait réexaminer cette semaine un projet de loi approuvant la construction de l'oléoduc géant Keystone, qui prévoit d'acheminer le pétrole extrait au Canada vers le Sud des Etats-Unis. Mais au pays de l'automobile, le projet rencontre une forte opposition. Même Barack Obama n'y est pas favorable.

Barack Obama repoussait le projet de loi approuvant la construction du très controversé oléoduc "Keystone XL" depuis plusieurs années pour ne pas s'attirer la colère des écologistes. Mais l'arrivée début janvier d'une majorité de républicains au Sénat et à la Chambre des représentants a changé la donne. La loi a été remise sur la table cette semaine par les républicains, qui y sont favorables. Mais la Maison Blanche a déjà fait savoir qu'elle ne donnerait pas son aval si elle était votée.

"Keystone XL", c'est quoi ?
Soumis par le géant canadien de l'énergie TransCanada, le projet de pipeline Keystone vise à acheminer le pétrole extrait des sables bitumineux de la province canadienne d'Alberta vers les raffineries américaines situées au Texas. Long d'environ 2700 kilomètres, il permettrait de faire transiter chaque jour 830 000 barils de pétrole, précise le quotidien canadien La Presse .

Lancé en 2008, le projet a reçu l'aval du gouvernement canadien mais bute sur l'opposition de la Maison-Blanche, qui a rejeté le premier tracé en janvier 2012, rappelle Radio Canada . TransCanada a tenté de contourner cette décision en scindant le projet en deux. Mais la partie controversée, entre le Canada et l'Etat américain du Nebraska, provoque toujours un vif débat. En attendant, le coût initial de l'oléoduc a presque doublé pour atteindre huit milliards de dollars (6,4 milliards d'euros).

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Pourquoi le projet est-il critiqué ?
Des deux côtés de la frontière, les écologistes et les populations concernées par le tracé dénoncent les risques qu'il fait peser sur l'environnement, notamment sur l'aquifère Ogalla, au Nebraska, qui alimente des millions d'Américains et d'aminaux en eau potable. Radio Canada rappelle qu'un accident survenu sur un pipeline du réseau Enbridge "a laissé échapper en 2010 plus de 19 000 barils de pétrole dans la rivière Kalamazoo" au Michigan (Etats-Unis). L'extraction de pétrole à partir de sables bitumineux s'avère de plus très polluante et en contradiction avec la politique environnementale de Barack Obama.

TransCanada se défend sur son site web : ses installations seront "les plus sûres et les plus technologiques jamais construites aux Etats-Unis". Le groupe a le soutien des républicains au Congrès américain, qui y voient un projet générateur d'emplois, ainsi que de certains élus démocrates tentant de prendre leurs distances avec Obama. Les Américains y seraient même favorables à 59% d'après un sondage du Pew Research Center réalisé en novembre. Mais pour le New York Times , ce projet ne va ni créer d'emplois durables, ni influer sur l'indépendance énergétique des Etats-Unis.

Pourquoi la balle est dans le camp d'Obama ?
La Maison Blanche a pris les devants, mardi, en assurant que Barack Obama opposerait son véto si le Congrès se prononçait en faveur du projet de loi pour la construction de l'oléoduc, rapporte le New York Times . L'aval de la Maison-Blanche est en effet nécessaire pour tout accord portant sur des infrastructures transfrontalières.

Si tel était le cas, une majorité des deux-tiers serait nécessaire au Sénat et à la Chambre pour permettre aux élus de passer en force. Mais celle-ci n'est pas acquise vu le vote à la Chambre mi-novembre – 252 pour et 161 contre. D'autant plus qu'un recours déposé devant la Cour suprême du Nebraska début 2014 pour contester le tracé du pipeline est toujours en train d'être examiné.
 


La rédaction de TF1info

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