Une nouvelle méthode, l'inhalation d'azote, pourrait être utilisée le 25 janvier pour exécuter un condamné à mort dans l'Alabama.
Cette technique est vivement critiquée par l'ONU, qui y voit une forme de torture.

La mort par inhalation d'azote. C'est ainsi que l'Alabama s'apprête à exécuter Kenneth Eugene Smith, un homme dans le couloir de la mort depuis des décennies. Une nouvelle méthode qui indigne le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme : ce dernier s'est dit, mardi 16 janvier, "alarmé" par ce procédé, estimant qu'il pourrait s'apparenter à de la torture.

Comme l'a rappelé l'ONU lors d'un point presse, il s'agit d'une méthode "nouvelle et non testée". Son principe ? Faire respirer uniquement de l’azote au condamné. Ce gaz n'est pas mortel en soi : le dioxyde d'azote compose la majorité de l'air et, inhalé avec de l'oxygène, il devient inoffensif. 

Le risque d'une mort "douloureuse et humiliante"

Légal depuis 2018 dans trois états – Mississipi, Oklahoma et Alabama - en raison d’une pénurie de médicaments utilisés pour les injections létales, aucun d'entre eux n'a, pour l'heure, utilisé l'hypoxie dans le cadre d'une condamnation à mort. C'est ce qui inquiète l'ONU : une porte-parole du Haut-Commissariat, Ravina Shamdasani, a d'ailleurs souligné que le protocole ne prévoit pas de sédation. Et ce, alors que l'Association américaine vétérinaire (AVMA) recommande d'administrer un sédatif aux animaux, même de grande taille, lorsqu'ils sont euthanasiés de cette façon.

Pour Ravina Shamdasani, cette première en Alabama pourrait ainsi "constituer de la torture ou d'autres traitements cruels ou dégradants au regard du droit international". Le 3 janvier, des rapporteurs de l'ONU avaient déjà fait part de leur inquiétude face à ce "premier essai" mondial d'exécution pour Kenneth Eugene Smith avec une hypoxie à l'azote, craignant qu'elle "n'entraîne une mort douloureuse et humiliante".

L'Alabama va-t-il prendre en considération cette mise en garde ? L'exécution de Kenneth Eugene Smith est prévue pour le 25 janvier. Ce détenu est au cœur d'un feuilleton judiciaire depuis des années. En 1988, un époux infidèle et endetté l'avait engagé, ainsi qu'un autre tueur à gages, pour abattre son épouse lors d'un faux cambriolage. Malgré le suicide du mari, la police était remontée jusqu'aux deux tueurs. 

Kenneth Smith avait été condamné une première fois à la peine de mort, mais le procès avait été annulé en appel. Lors de son second procès en 1996, il avait de nouveau été reconnu coupable de meurtre, mais les jurés n'avaient pas atteint l'unanimité sur la sentence : 11 sur 12 avaient recommandé une peine de prison à perpétuité. Un juge avait ensuite imposé la peine capitale en passant outre leur avis, ce qui était légal à l'époque, mais est aujourd'hui proscrit sur l'ensemble du territoire américain.

Le détenu aurait dû subir une injection létale en novembre 2022, mais sa condamnation avait été annulée in extremis : les perfusions intraveineuses pour lui injecter la solution mortelle n'avaient pu être posées dans le temps légalement imparti.


T.G.

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