L'ancien président américain est de nouveau candidat à la primaire républicaine, qui se déroulera en 2024.
Selon les derniers sondages, il s'impose comme le candidat favori et creuse l'écart avec le deuxième.
Sa base électorale lui reste fidèle, malgré les nombreuses affaires judiciaires dans lesquelles il est mis en cause.

Ses déboires judiciaires ont beau augmenter, sa base électorale reste intacte. Six mois avant la primaire républicaine en vue de l'élection présidentielle américaine 2024, Donald Trump s'impose comme le candidat favori, selon un dernier sondage publié lundi par le New York Times et Siena College. Et l'écart a même tendance à se creuser avec le numéro 2, le gouverneur de Floride Ron DeSantis, qu'il devance désormais de 37 points. 

"Je suis la première personne inculpée à devenir encore plus populaire", s'est d'ailleurs récemment amusé l'ancien président américain dans l'Iowa.

Un ancien président inculpé dans plusieurs affaires

Le milliardaire de 77 ans est en effet inculpé pour recel de documents classifiés, accusé d'avoir emporté des documents secret défense en quittant la Maison Blanche, mais aussi pour plusieurs fraudes comptables relatives à un paiement destiné à faire taire une actrice de films X avant la présidentielle de 2016. 

Son entreprise a été condamnée en janvier pour fraudes fiscales et financières, et il pourrait aussi bientôt être inculpé dans le cadre de l'enquête fédérale menée sur ses tentatives de renverser le résultat de l'élection de 2020 et dans une enquête en Géorgie sur ses pressions exercées afin d'altérer le résultat de la présidentielle dans cet Etat du Sud. 

Mais pour Donald Trump, ces affaires sont avant tout politiques. "Si je ne me présentais pas, personne ne s'en prendrais à moi, si je perdais avec un gros écart, personne ne s'en prendrais à moi", a-t-il récemment déclaré lors d'un meeting. 

"Trump donne de la voix à une partie de la population"

Selon des experts interrogés par l'AFP, la popularité de Donald Trump s'explique notamment par sa capacité à parler aux classes populaires ouvrières, qui se sentent laissées pour compte et abandonnées par le gouvernement et les "élites". "Les accords de commerce  multilatéraux, la libre circulation, les guerres sans fin et la mondialisation ont laissé beaucoup de travailleurs américains sans emploi et sans grandes perspectives d'avenir", fait valoir Michael J. O'Neill, de l'association conservatrice juridique Landmark Legal Foundation.

"Trump donne une voix à cette partie de la population", ajoute-t-il, "ses soutiens voient Trump comme un non-conformiste, qui n'est pas redevable des élites enracinées, et essaie tous les jours d'offrir aux Américains une vie meilleure".

Pour David Greenberg, professeur de journalisme et d'histoire à l'université de Rutgers, Donald Trump et ses irréductibles soutiens ont réussi à renforcer leur cohésion face à "un groupe d'ennemis communs", qui comprend désormais les acteurs du système judiciaire.

"Donc quand Trump est inculpé, il s'agit uniquement pour eux d'une preuve de plus que leur homme, leur champion, est visé par des forces en qui ils n'ont aucune confiance", souligne-t-il. 


E.R. Claire Cambier, avec AFP

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