Etudiants d’Iguala : la version du gouvernement désavouée

par Thomas GUIEN
Publié le 16 juin 2015 à 18h23
Etudiants d’Iguala : la version du gouvernement désavouée

MEXIQUE – En septembre 2014, 43 étudiants ont disparu, probablement tués dans une affaire où s’entremêle la police locale et les narcotrafiquants. Une enquête a été réalisée par le gouvernement pour essayer d’apaiser la société mexicaine, choquée par "ce drame de trop". Mais un nouveau témoignage, publié dimanche, change la donne.

Huit mois après le début de l’affaire Iguala, du nom de cette ville où 43 étudiants ont disparu sans laisser de traces, la véracité de l’enquête officielle ne tient plus qu’à un fil. Celle-ci a en effet conclu que, suite à leur arrestation, les élèves se sont retrouvés en garde à vue avant d’être remis à un groupe mafieux local qui les auraient tués. Problème : les étudiants ne seraient jamais passés par la case prison, selon Bernabé García.

L’homme est un témoin-clef d’une affaire qui tient en haleine le Mexique puisque, en sa qualité de juge depuis cinq ans, il a passé la nuit du 26 septembre au commissariat d’Iguala. Pour la première fois depuis la nuit du drame, il a raconté "sa" version des faits dimanche, dans le magazine mexicain Proceso . "Les étudiants n’ont pas pu être détenus au commissariat puisque les militaires fouillaient les lieux dès 23h30, a-t-il détaillé. Si les étudiants avaient été là, l’armée l’aurait su." En outre, "les étudiants n’auraient pas tous tenu dans les fourgons, encore moins avec les policiers."

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Un mandat d'arrêt émis à son encontre

Un scénario qui, s’il venait à être corroboré, chamboule toute l’enquête menée depuis des mois. Le ministère public l’accuse en effet d’avoir interrogé les étudiants au commissariat avant de les livrer à la police de Cocula. Mais si l’on en croit Bernabé García, il est en effet impossible de savoir qui a emmené les 43 étudiants, à quelle heure et où ils ont été transportés. Preuve de la crédibilité accordée par les autorités fédérales à son égard, le juge a fait l’objet d’un mandat d’arrêt en janvier, quelques semaines après son audition.

Il s’est depuis réfugié aux Etats-Unis où il continue d’observer l’opinion mexicaine se mobiliser pour que toute la vérité soit faite sur l’affaire. Cette disparition a en effet été ressenti comme un choc et engendré plusieurs critiques à l’encontre du gouvernement du président Enrique Peña Nieto. Et l’arrestation du maire d’Iguala, après six semaines de cavale , n’a guère fait avancer l’enquête. De son côté, un comité d’experts internationaux n’a pu trouver de traces utilisables de l’ADN des disparus dans les kilos de cendres récupérés.

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Thomas GUIEN

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