Dans les conflits internationaux, les batailles se mènent aussi dans le cyberespace.
L'une de nos équipes a pu filmer, en exclusivité, l'un des centres de l'Armée française dédiés à ces cyberattaques.
Retour sur les moyens déployés pour contrer les attaques numériques.

Face à la menace grandissante des cyberattaques, pouvant aller jusqu'à paralyser des véhicules militaires, la cyberdéfense de l’armée française s'organise. Le Comcyber, ou commandement de la cyberdéfense est chargé de la sécurité numérique de l'armée française à l'étranger. Cette structure militaire, chargée de contrer les attaques numériques, peut intervenir partout où des soldats français sont déployés, comme en Estonie, en Roumanie ou en Irak. Ce fut le cas par exemple en février dernier, où des agents du Comcyber ont été envoyés au Koweït.

30 à 50 alertes cyber par jour

C'est à Rennes que l'armée a installé l'un de ses plus grands centres de cybercombattants. Dans cette base militaire, ultra-sécurisée, où une équipe de TF1 a pu entrer, aucun téléphone n'est autorisé. "On a besoin de s'assurer que personne ne puisse écouter les communications électromagnétiques dans le bâtiment", explique le Capitaine François-Xavier.

Dans une salle de contrôle, les militaires recensent les cyberattaques, du mail piégé reçu par un soldat en mission aux tentatives de piratage des réseaux de l'armée. En moyenne, 30 à 50 alertes sont enregistrées quotidiennement. Une cyberattaque réussie pourrait permettre le vol d'informations secrètes, déclencher des peines informatiques, paralyser les communications.

Pour l'armée, qui gère notamment l'armement nucléaire, se protéger est donc vital. "Il y a un vrai défi technique qui nous oblige d'être vraiment très performant à la fois dans notre mise en place des règles et dans nos procédures d'analyses, pour faire face au défi et traiter de façon efficace toutes les alertes que nous recevons", détaille un responsable.

Des attaques potentiellement lancées par la France

L'origine des attaques est diverse. Des groupes de pirates indépendants peuvent lancer des cyberattaques, tout comme des États. La Russie est la plus agressive. Des hackers russes liés aux services de renseignement du Kremlin s'en sont déjà pris à l'armée française, notamment en Afrique. La Chine, elle, est soupçonnée d'avoir lancé plusieurs attaques visant les industries de Défense, via des pirates recrutés par le gouvernement chinois.

Mais la France est aussi capable de lancer des cyberattaques, bien que les militaires préfèrent rester discrets sur la question. "À partir du moment où je vous révèlerais les systèmes que je suis en mesure d'attaquer aujourd'hui, immédiatement nos adversaires potentiels s'en protégeraient. Ce qui fait la valeur d'une attaque potentielle, en ce qu'on appelle lutte informatique offensive, c'est justement d’avoir impacté le système adversaire, sans que cela se sache, et d’être en mesure de déclencher l'attaque quand on jugera que c'est le bon moment", explique le général de division Aymerie Bonnemaison, commandant de la cyberdéfense.

Le cyberespace est un champ de bataille en pleine expansion. À Rennes, l'armée construit déjà de nouveaux bâtiments pour accueillir de futurs cybercombattants. Les militaires veulent en recruter 1000 de plus d'ici à 2030.


La rédaction de TF1info | Reportage : Florian Litzler, Michael Merle, Jean-François Drouillet

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