Explosion à Beyrouth : le Liban toujours meurtri

Liban : Macron promet 100 millions d'euros, "de nouveaux engagements" et charge les dirigeants

AL
Publié le 4 août 2021 à 14h03
Liban : Macron promet 100 millions d'euros, "de nouveaux engagements" et charge les dirigeants

Source : CHRISTOPHE SIMON / POOL / AFP

ENGAGEMENTS - Dans le cadre de la conférence internationale sur le Liban, le président français a promis de nouveaux investissements pour aider le pays, tout en rappelant la responsabilité de la classe politique libanaise.

À l'initiative de la visioconférence internationale d'aide au Liban, le président de la République a ouvert le rassemblement, depuis le fort de Brégançon, en annonçant d'importants investissements qui devraient bénéficier "directement à la population du Liban"

La population vit une des pires crises économiques au monde depuis 1850 selon la Banque mondiale, faisant passer la moitié des Libanais sous le seuil de pauvreté. Les explosions à Beyrouth qui ont fait plus de 200 décès et 6.500 blessés a en plus aggravé la situation. Les "nouveaux besoins" d'urgence de la population étaient estimés à 350 millions de dollars par les Nations unies.

"Nous allons mettre 100 millions d'euros d'engagement en appui direct", a annoncé Emmanuel Macron en prévoyant une aide qui concernerait l'éducation, "avec un soutien exceptionnel aux familles, aux élèves et aux étudiants", l'agriculture et la santé. Sur ce sujet, 500.000 doses de vaccins doivent être acheminées ces prochaines semaines. 

Un navire chargé de 51 tonnes de matériel médical est arrivé la semaine dernière et un nouveau devrait partir demain pour apporter de quoi soutenir les Libanais. Le président de la République a également annoncé que la France contribuerait à reconstruire le port de Beyrouth, cœur de vie de la capitale et complètement détruit il y a un an.

Les dons versés aux associations plutôt qu'à l'État

Afin de s'assurer que ces investissements bénéficient directement à la population libanaise, les dons devraient être versés aux associations, qui pallient les défaillances de l'État libanais. Ces millions d'investissements devront s'étaler sur les douze prochains mois. Si la France devrait être le principal donateur de cette conférence d'aide humanitaire, Emmanuel Macron a bien rappelé que cela ne suffisait pas. 

D'autres mesures d'aides devraient être apportées par les différents pays participant à la visioconférence. À la suite d'Emmanuel Macron, le président des États-Unis Joe Biden a quant à lui annoncé 100 millions de dollars d'aide supplémentaire, tout en réclamant des réformes.

Les dirigeants libanais semblent faire le pari du pourrissement

Emmanuel Macron

D'autre part, le président français a terminé sa prise de parole en fustigeant la classe politique libanaise. En bloquant depuis des mois la formation d'un gouvernement et la mise en œuvre de réformes, "les dirigeants libanais semblent faire le pari du pourrissement", déplore le chef de l'État français. 

L'impossible reconstruction : Beyrouth, un an après la catastropheSource : JT 13h Semaine

Impliqué personnellement pour trouver une solution à la résolution de la crise politique qui mine le pays, Emmanuel Macron a une nouvelle fois agité la menace de sanctions à leur encontre. "La crise que vit le Liban n'est pas un coup du sort, ni une fatalité. Elle est le fruit de faillites individuelles et collectives et de dysfonctionnements injustifiables", a-t-il martelé.

"La conférence d'aujourd'hui est une conférence humanitaire de soutien à la population, elle est donc inconditionnelle, mais il n'y aura aucun chèque en blanc au bénéfice du système politique libanais, car il est, lui, depuis le début de la crise, et même avant défaillant", a-t-il encore insisté.

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Emmanuel Macron a par ailleurs réclamé l'aboutissement de l'enquête sur l'explosion du port, dont les conclusions n'ont pas encore été rendues, un an après la catastrophe.

"Les dirigeants libanais sont redevables de la vérité, la transparence, à l'égard de leur population" a-t-il souhaité. "La France et plusieurs autres (pays) ont coopéré pour apporter toutes les informations dont nous disposions, nous sommes disponibles pour toutes les coopérations techniques" qui seraient encore nécessaires dans cette enquête dont les conclusions sont "attendues par toute la population libanaise", a conclu le président français.


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