Ukraine : onze mois de guerre

Exportation de céréales, échange de prisonniers... Le point sur la situation en Ukraine

Justine Briquet-Moreno avec AFP
Publié le 31 octobre 2022 à 7h03
JT Perso

Source : TF1 Info

Les exportations de céréales sont rendues "impossibles" par le blocus russe.
La Russie accuse Londres d'être coupable de l'explosion des gazoducs Nord Stream.
Voici les faits marquants des dernières 24 heures.

Après plus de huit mois de conflit, la Russie a annoncé, samedi 29 octobre, suspendre sa participation à l’accord sur les exportations de céréales ukrainiennes. Dans la foulée, le Kremlin a accusé le Royaume-Uni et l’Ukraine d’être à l’origine d’une attaque de drones sur sa flotte en Crimée. Le Kremlin a également accusé Londres d’être impliquée dans les explosions de gazoducs Nord Stream. Sur le plan militaire, le retrait russe devrait s’accélérer dans la région de Kherson, selon les Britanniques.

L'Ukraine dénonce le blocus russe qui empêche les exportations de céréales

Un navire de céréales bloqué. Au lendemain de la suspension par Moscou de l’accord sur l'acheminement des céréales, leur exportation depuis les ports ukrainiens est à nouveau rendue "impossible" par le blocus russe, a indiqué ce dimanche le ministre ukrainien de l’Infrastructure, Oleksandre Koubrakov. Selon lui, un navire de 40 tonnes de céréales aurait dû partir d’Ukraine dimanche pour l’Éthiopie, "mais à cause du blocus du couloir céréalier par la Russie, les exportations sont impossibles", a-t-il indiqué sur Twitter. La décision de se retirer de l'accord fait suite à une attaque sur la flotte russe en Crimée, que Moscou impute à Kiev avec l'aide de Londres. La Grande-Bretagne a démenti toute responsabilité dans l'attaque en Crimée tandis que Washington et l'Union Européenne (UE) ont condamné le retrait russe de cet accord essentiel pour l'approvisionnement alimentaire mondial, conclu en juillet sous égide de l'ONU et de la Turquie.

L'Onu "préoccupé". De son côté, le Secrétaire général de l’Onu s’est dit "profondément préoccupé" par la situation. António Guterres est engagé dans"d’intenses consultations" afin que la Russie revienne sur sa décision de suspendre l’accord. Pour ce faire, il a décidé de reporter d’une journée son départ en vue de participer au sommet de la Ligue arabe qui a lieu à Alger, ce mardi 1er novembre, selon la même source.

La Russie accuse Londres d'être impliqué dans l'explosion de gazoducs Nord Stream

Gazoducs Nord Stream. Dans le même message que celui où il accuse l’Ukraine et le Royaume-Uni de l’attaque de drones qui a visé sa flotte en Crimée, le ministère de la Défense russe vise aussi Londres en l'accusant d’être impliquée dans les explosions ayant provoqué des fuites, en septembre, sur les gazoducs Nord Stream 1 et 2 en mer Baltique. Ces gazoducs ont été construits pour acheminer le gaz russe en Europe. "Des représentants d’une unité de la marine britannique ont participé à la planification, à la fourniture et à la mise en œuvre de l’acte terroriste en mer Baltique le 26 septembre afin de porter atteinte aux gazoducs Nord Stream 1 et Nord Stream 2", explique le ministère de la Défense russe, n'avançant aucune preuve de ces allégations.

Accusations mensongères. Le ministère britannique de la Défense a rétorqué que ces affirmations avancées par Moscou étaient mensongères. De son côté, en France, la Première ministre, Élisabeth Borne, a affirmé n’accorder "aucun crédit" à l’armée russe sur le sujet. En déplacement à Lisbonne, elle a par ailleurs indiqué, lors d'une conférence de presse, qu'une enquête était en cours. Résultat : la Russie souhaite que les attaques de Sébastopol et de Nord Stream soient à l’ordre du jour du Conseil de sécurité de l’ONU.

Le retrait russe en voie d'accélération dans la région de Kherson

Retrait russe. Le ministère de la Défense britannique affirme que selon ses services de renseignements, plusieurs événements "sont susceptibles de montrer l’intention des Russes d’accélérer leur retrait de la région" de Kherson, dans le sud de l’Ukraine. Selon le dernier point de situation de l’état-major ukrainien, la Russie a effectué quatre frappes à la roquette et jusqu’à 25 frappes aériennes sur les dernières 24 heures. Des frappes auxquelles s’ajoutent plus de 70 attaques par des systèmes de salves de roquettes, qui ont touché plus de 35 villes. 

70.000 civils évacués. Sur le terrain, les Russes ont terminé d'évacuer des civils de la ville de Kherson, selon des responsables locaux prorusses. Au moins 70.000 civils ont été déplacés en dehors de la ville. "Nous préparons Kherson à la défense, a déclaré le commandant de la milice russe, Aleksandr Khodakovski. Nous évacuons la population civile, en nous déliant les mains de bien des manières."

17 milliards d'avoir russes gelés par l'Union européenne

Suite aux sanctions prises par l’Union européenne (UE) contre la Russie, "les avoirs de 90 personnes ont été gelés, soit plus de 17 milliards d’euros dans sept États membres, dont 2,2 milliards en Allemagne", a fait savoir le commissaire européen à la justice, Didier Reynders, dans un entretien avec des médias allemands, dont le quotidien Westdeutsche Allgemeine Zeitung.

La Russie et l'Ukraine échangent 50 prisonniers

1031 soldats ukrainiens libérés au total. La Russie et l’Ukraine ont procédé, ce samedi 29 octobre, à l’échange d’environ 50 prisonniers de guerre, selon Kiev et Moscou. Les services de renseignement militaire ukrainiens ont annoncé le retour de 52 détenus, parmi lesquels on recense notamment des soldats, des marins, des garde-frontières, des membres de la garde nationale et des médecins. D'autre part, le ministère russe de la Défense a également déclaré que l’Ukraine avait rendu à la Russie plus de 50 prisonniers de guerre suite aux négociations. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a affirmé que depuis le début du conflit, la Russie a libéré  1031 soldats ukrainiens qui avaient été faits prisonniers. 


Justine Briquet-Moreno avec AFP

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