Une délégation de sénateurs américains, avec à sa tête le démocrate Chuck Schumer, est arrivée en Chine ce samedi.
Parmi les sujets qui vont être abordés, celui du fentanyl : les États-Unis accusent des sociétés chinoises d'alimenter le trafic.

Une délégation de sénateurs américains est arrivée samedi 7 octobre à Shanghai, en Chine. Les deux premières économies mondiales, qui s'opposent sur nombre de sujets, renouent le dialogue ces derniers mois avec une succession de visites de hauts responsables américains en Chine. Au premier jour de cette visite, le chef de la majorité au Sénat américain, le démocrate Chuck Schumer, a blâmé le "flux de produits chimiques mortels, comme le fentanyl, en provenance d'entreprises chinoises".

"Il ne s'agit pas du gouvernement (chinois), mais d'entreprises chinoises. Elles alimentent la crise du fentanyl qui empoisonne les communautés à travers les États-Unis", a poursuivi le démocrate. Ce puissant opiacé de synthèse, utilisé dans le milieu médical mais dont l'usage peut être détourné comme drogue, est à l'origine de dizaines de milliers d'overdoses chaque année aux États-Unis. Des laboratoires chinois sont soupçonnés d'alimenter des narcotrafiquants, notamment mexicains, en substances permettant de fabriquer du fentanyl, au besoin en falsifiant les documents douaniers.

Des sanctions contre un réseau chinois

Le gouvernement de Joe Biden a annoncé, mardi 3 octobre, des sanctions contre un réseau chinois de producteurs de drogue, notamment de fentanyl. Ces sanctions concernent 28 personnes et entités, notamment en Chine mais aussi au Canada, et auxquelles est désormais interdit l'accès au marché financier américain. "Nous savons que la chaîne mondiale d'approvisionnement de fentanyl, qui aboutit à la mort d'Américains, commence le plus souvent avec des entreprises de produits chimiques en Chine", a accusé Merrick Garland, ministre de la Justice, lors d'une conférence de presse.

Dès le lendemain, la Chine s'est dite "fermement opposée" à ces sanctions dans un communiqué transmis à l'AFP. "La crise du fentanyl aux États-Unis est enracinée dans le pays lui-même", a estimé le ministère chinois des Affaires étrangères, précisant avoir adressé une protestation "solennelle". "Au lieu de brandir leur gros bâton de sanctions et de rejeter la faute sur d'autres, les États-Unis devraient [...] renforcer leurs contrôles", a fustigé la diplomatie chinoise.

Le sujet des opiacés est l'un des nombreux sujets de tension entre Washington et Pékin. Il a notamment été abordé par la ministre au Commerce, Gina Raimondo, lors de sa visite en Chine fin août. De mars 2022 à mars 2023, les États-Unis ont dénombré 110.000 décès liés à des surdoses ou des overdoses, dont les deux tiers dues à la consommation de fentanyl, selon les Centres américains de prévention et de lutte contre les maladies (CDC).  La Maison-Blanche a fait de la lutte contre le fentanyl une de ses priorités.


M.D. avec AFP

Tout
TF1 Info