Avec un bilan d'au moins 122 victimes, le Chili connaît ces dernières heures les incendies les plus meurtriers de son histoire.
Le pays est en proie à une étouffante canicule depuis plusieurs jours.
D'autres raisons, comme l'état des constructions touchées ou l'influence du réchauffement climatique, peuvent aussi expliquer la rapide propagation du feu.

Des quartiers entiers calcinés, réduits en cendre par de puissants incendies. Le Chili est confronté ces dernières heures aux pires feux de forêt de son histoire, qui touchent la région de Valparaiso et de la station balnéaire de Viña del Mar, à 120 kilomètres au nord de la capitale Santiago. Le dernier bilan réalisé par les secours fait état d'au moins 122 morts. Les habitants de la région ont été surpris par la rapidité de la propagation du feu. Pourquoi la progression de ces feux gigantesques a-t-elle pu être si brutale ? Plusieurs paramètres permettent déjà de l'expliquer.

Canicule étouffante et projection d'étincelles

Ces violents incendies interviennent en plein été austral. Depuis la semaine dernière, le Chili connaît des températures avoisinant les 40°C. C'est dans ces conditions que plusieurs incendies se sont déclarés simultanément vendredi dans le centre du pays, avec des flammes se propageant très rapidement de localité en localité. Le vent, avec les fortes rafales qui ont soufflé dans la région ce week-end, semble avoir joué un rôle primordial dans cette catastrophe. 

En brûlant, la végétation ou les déchets génèrent de l'air léger et chaud. Résultat : cela "soulève des particules enflammées ou des étincelles qui se déplacent sur des centaines de mètres, provoquant des foyers d'incendie satellites", explique Miguel Castillo, professeur à la Faculté des sciences forestières de l'Université du Chili. Les flammes s'accélèrent "sur les pentes et à la faveur du vent", ce qui les rend de plus en plus dangereuses. Cette combinaison, alliant températures élevées et fortes bourrasques,  constitue une situation "néfaste" lors des départs de feu, accélérant leur développement.

Des constructions légères aux matériaux combustibles

Outre cette chaleur et ce vent, la constitution des logements touchés par les flammes a également pu avoir une influence  sur la rapide progression des flammes. En effet, plusieurs quartiers touchés par la catastrophe intégraient des zones entières aux constructions légères. Les matériaux utilisés pour fabriquer ces abris, comme le bois, constituent hélas un excellent combustible, en mesure de prendre le dessus sur le fibrociment, un matériau aux propriétés ignifuges. 

Certains habitants de ces installations semblaient aussi s'être établis sur des terrains coupe-feu, dont l'objectif est justement de freiner l'extension d'un incendie lorsqu'il se produit. Selon les survivants de la catastrophe, les flammes se sont engouffrées dans les rues étroites des collines, faisant exploser des rangées entières de voitures garées devant les maisons. Par ailleurs, l'efficacité de l'évacuation des résidents devra aussi être analysée. " L'accent est mis sur la lutte, mais pas sur la prévention (...) et je pense que c'est une lacune", a ainsi estimé Horacio Gilabert, du Centre sur le changement global de l'Université catholique du Chili.

Un impact sur la durée du phénomène "El Niño"

De manière plus générale, le Chili subit depuis plusieurs semaines l'influence du phénomène "El Niño", devenu plus intense et plus fréquent en raison du réchauffement climatique causé par l'activité humaine. Ce dernier augmente la température de l'océan Pacifique, créant des inondations ou des sécheresses. L'an dernier, une période de pluie atypique, au beau milieu d'une sécheresse prolongée, avait fait apparaître des garrigues, avec une terre aride et une végétation broussailleuse. Avec un impact direct sur la crise des derniers jours, car ce genre de paysage a en fait constitué un terrain parfait pour le développement des récents feux de forêts.

Une enquête a été lancée pour déterminer avec plus de précision les circonstance du départ de ces incendies. Un acte criminel n'est pas à exclure, selon les autorités. Quelque 1.400 pompiers et 1.300 militaires et bénévoles, appuyés par 31 hélicoptères et avions lanceurs d'eau, restent mobilisés pour combattre les flammes.


T.A. avec AFP

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