Le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir en urgence ce mardi, deux jours après la frappe israélienne qui a tué 45 personnes à Rafah.
Aucune résolution ne devrait être adoptée, notamment en raison du droit de veto américain.
Malgré leur caractère contraignant, ces textes ne sont jamais appliqués par les Etats concernés.

Le Conseil de sécurité au pied du mur. Deux jours après la frappe israélienne qui a tué au moins 45 personnes dans un camp de déplacés à Rafah, l'instance onusienne doit se réunir en urgence pour discuter de la situation. Et, peut-être, sortir de l'impasse dans laquelle elle se trouve depuis le 7 octobre dernier. Voire depuis des décennies.

Chargé d’assurer la paix et la sécurité internationale, le Conseil de sécurité peine en effet à adopter une position commune concernant le conflit israélo-palestinien. Il a par exemple fallu attendre le 25 mars, soit cinq mois et demi de guerre, pour qu'il adopte une résolution exigeant un "cessez-le-feu immédiat pour le mois de Ramadan (qui s'est achevé le 9 avril) (…) devant mener à un cessez-le-feu durable". Le texte réclamant également "la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages", avait cependant essuyé le veto des Etats-Unis. 

Des résolutions jamais appliquées par Israël

Au sein du Conseil, composé de cinq membres permanents et dix non-permanents, Washington constitue un soutien indéfectible à l'Etat hébreu. Dernier exemple en date :  le 19 avril, avec un nouveau véto, cette fois-ci concernant l'adhésion pleine et entière des Palestiniens aux Nations unies.

Quand bien même les résolutions du Conseil sont adoptées, reste à les faire appliquer. Même si elles sont officiellement contraignantes, elles sont souvent ignorées par les pays concernés. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : depuis 1948, pas moins de 229 résolutions ont été adoptées sur le dossier. Qu'il s'agisse de la colonisation, des réfugiés ou de Jérusalem, aucune n'a été suivie d'effets tangibles.

C'est par exemple le cas après l’invasion du Liban du Sud, en 1978. Le Conseil demande à Israël dans sa résolution 425 de cesser "immédiatement son action militaire contre l’intégrité territoriale du Liban", ainsi que de "se retirer sans délai ses forces du territoire libanais". Au fil des ans et des résolutions (427, 498, 501, 508, 509, 516 et 517), l'ONU réitère cette requête. En vain, puisqu'il faudra attendre l'an 2000 pour que les troupes quitte le Liban.

Autre cas, la première Intifada, qui débute en décembre 1987. Dans les résolutions 607, 608 et 636, adoptées entre 1988 et 1989, les membres du Conseil enjoignent l'Etat hébreu d’arrêter les expulsions et de permettre le retour de tous ceux déjà expulsés. En aout, l'ONU ne peut que constater son impuissance dans sa résolution 641, déplorant "qu’Israël, puissance occupante, continue d’expulser des civils palestiniens".

Le statut de Jérusalem va, lui aussi, être au cœur des débats de l'instance durant des années. Dès 1968, les membres du Conseil déclarent "non valides" l'"expropriation de terres et de biens immobiliers" visant à "modifier le statut de Jérusalem". Cela n'empêchera pas l'Etat hébreu d'annexer en 1980 la partie orientale qui devient sa "capitale une et indivisible". Rapidement, le Conseil considère cette décision comme nulle et non avenue (résolution 476). Là encore, sans effets sur le terrain.


Thomas GUIEN

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