Gaza : qu'est-ce que le Jihad islamique palestinien, à l'origine des tirs de roquettes vers Jérusalem ?

I.N avec AFP
Publié le 7 août 2022 à 10h35
JT Perso

Source : JT 13h WE

Depuis début août, la bande de Gaza est le théâtre d'un regain de tensions.
Au moins 29 personnes, dont six enfants, sont morts au cours des frappes entre l'armée israélienne et le Jihad islamique palestinien.
Qu'est-ce que cette organisation armée ?

C’est un conflit de longue date, ravivé ces derniers jours par une nouvelle flambée de tensions. Malgré les appels internationaux au retour au calme, l'armée israélienne et le Jihad islamique palestinien échangent des tirs dans la bande de Gaza, où l'escalade de violences ne faiblit pas. Samedi, l'armée israélienne a annoncé se préparer à "une semaine" de raids, tandis que ce dimanche matin, le Jihad islamique a déclaré avoir tiré des roquettes vers Jérusalem.

Cette organisation armée palestinienne est engagée dans la lutte contre Israël depuis plusieurs décennies. Fondée en 1981 par des étudiants de l'Université islamique de Gaza, elle est considérée comme proche du mouvement islamiste Hamas, au pouvoir dans l'enclave palestinienne depuis 2007. Les deux groupes, soutenus par l'Iran qui est l'ennemi numéro 1 d'Israël, sont liés à la mouvance des Frères musulmans, confrérie établie en Égypte au XXe siècle.

Considérée comme une organisation terroriste

Le Jihad islamique œuvre principalement à Gaza, mais le groupe est également présent en Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967 par l'État hébreu. De son côté, Israël affirme que les relations entre le groupe et Téhéran se sont renforcées. "Le chef du Jihad islamique (Ziad al-Nakhala) est à Téhéran au moment où nous parlons", a relevé vendredi le Premier ministre israélien Yaïr Lapid, alors que son pays bombardait Gaza dans le cadre d'une "attaque préventive" contre le groupe armé, par crainte de représailles après l'arrestation en Cisjordanie d'un de ses responsables quelques jours plus tôt.

Plus de dix ans après sa création, en 1992, le Jihad islamique fonde les brigades Al-Qods, sa branche armée. L'organisation est dirigée par Fathi Chakaki jusqu'en 1995, date à laquelle cet écrivain et docteur est assassiné à Malte par une équipe envoyée par les services de renseignements extérieurs israéliens, le Mossad.

Considérée comme une organisation terroriste par Israël, les États-Unis et l'Union européenne, le Jihad islamique a revendiqué plusieurs attentats suicide visant des Israéliens, surtout pendant la deuxième Intifada (soulèvement palestinien, 2000-2005). Il a notamment mené une attaque suicide en 1989 contre un bus reliant Tel-Aviv à Jérusalem ayant fait 16 morts. 

Un commandant du groupe tué vendredi

De nombreux dirigeants de cette organisation radicale sont actuellement basés à Damas, en Syrie. Le Jihad islamique s'oppose à toute négociation avec Israël et rejette les accords d'Oslo, signés par l'Autorité palestinienne et l'État hébreu en 1993.

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Bien que l'organisation coordonne régulièrement ses actions avec le Hamas, l'escalade actuelle prouve une certaine indépendance. Le Hamas n'a pas tiré de roquettes sur Israël depuis le début de la flambée de violences vendredi, comme en 2019 lorsque le Jihad islamique et Israël avaient échangé des tirs meurtriers pendant plusieurs jours, à la suite de la mort d'un commandant du groupe islamiste dans une opération israélienne, Baha Abou Al-Ata. Celui-ci était le chef de l'organisation dans le nord de Gaza. Son successeur à ce poste, Tayssir Al-Jabari, a été tué vendredi dans un raid israélien.


I.N avec AFP

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