Géorgie : vague d'indignation après le meurtre d'un caméraman par des militants d’extrême droite

J.V
Publié le 12 juillet 2021 à 7h33
Des milliers de personnes ont manifesté en Géorgie pour demander la démission du gouvernement après la mort d'un journaliste, passé à tabac plus tôt cette semaine par des militants d'extrême droite en marge de manifestations contre la communauté LGBT+

Des milliers de personnes ont manifesté en Géorgie pour demander la démission du gouvernement après la mort d'un journaliste, passé à tabac plus tôt cette semaine par des militants d'extrême droite en marge de manifestations contre la communauté LGBT+

Source : VANO SHLAMOV / AFP

INTERNATIONAL - Des milliers de personnes ont manifesté dimanche en Géorgie pour demander la démission du gouvernement après la mort d'un journaliste passé à tabac plus tôt cette semaine par des militants d'extrême droite.

Dimanche, des milliers de personnes sont descendues dans la rue en Géorgie. Ces manifestations sont intervenues après le passage à tabac, plus tôt dans la semaine, d'un caméraman, par des militants d'extrême droite, en marge de manifestations contre la communauté LGBT+. Souffrant de multiples fractures au visage, Alexandre Lachkarava, 37 ans, a finalement été retrouvé mort dans son lit dimanche, selon la chaîne TV Pirveli pour laquelle il travaillait.

Nous demandons la démission immédiate d'Irakli Garibachvili et de son gouvernement

Nika Melia, leader de la principale force d'opposition du pays, à l'AFP

Après la mort du caméraman, les manifestants ont demandé la démission du gouvernement. Environ 8.000 personnes étaient réunies, dimanche, devant le Parlement à Tbilissi, à l'appel d'organisations de défense des droits humains. "Nous demandons la démission immédiate d'Irakli Garibachvili et de son gouvernement qui sont les fers de lance de la violence contre les 

journalistes", a déclaré, à l'AFP, Nika Melia, leader de la principale force d'opposition du pays, le Mouvement national uni (MNU). De son côté, le ministère géorgien de l'Intérieur a assuré, dimanche, dans un communiqué, qu'une enquête avait été ouverte pour déterminer les causes de la mort d'Alexandre Lachkarava.

L'agression mortelle d'Alexandre Lachkarava a été condamné par l'Union européenne, qui a appelé à ce que les responsables soient traduits en justice. "Laissez-moi réitérer la ferme condamnation de l'UE de toute violence et  notre soutien ferme et inébranlable à la liberté de la presse et de réunion", a déclaré dimanche l'ambassadeur de l'UE en Géorgie, Karl Hertzel. De son côté,  l'ambassade des États-Unis a indiqué que "la sécurité de chaque journaliste géorgien et la crédibilité de la démocratie en Géorgie exigent que chaque individu qui a attaqué des citoyens pacifiques et des journalistes  (...) soit identifié, arrêté et poursuivi".

50 journalistes ont été attaqués le même jour qu'Alexandre Lachkarava

Reporters sans Frontières (RSF) a condamné ces attaques, précisant que des journalistes "ont subi des blessures incluant des commotions, des brûlures chimiques et des fractures du bras". Dans ce contexte,  plusieurs personnalités et dirigeants du monde de la télévision ont accusé le gouvernement de M. Garibashvili d'avoir orchestré une violente campagne visant les journalistes.  "Le gouvernement ne se limite pas à encourager la violence contre les journalistes, il est partie prenante de cette violence", a déclaré à l'AFP le rédacteur en chef de Pirveli, Nodar Meladze.  "Le gouvernement a mis en place des groupes violents qui s'en prennent aux médias indépendants", a-t-il assuré, ajoutant que "la police antiémeute cible 

régulièrement la presse".


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