Annexions, mobilisation... Poutine choisit l'escalade

Guerre en Ukraine : 10.000 soldats tchétchènes appuient l'armée russe

M.G
Publié le 28 février 2022 à 17h29
Ramzan Kadyrov, président de Tchétchénie, a envoyé plusieurs milliers d'hommes en Ukraine.

Ramzan Kadyrov, président de Tchétchénie, a envoyé plusieurs milliers d'hommes en Ukraine.

Source : ALEXEY NIKOLSKY / SPUTNIK / AFP

L'offensive russe en Ukraine se heurte encore à la résistance des grandes villes du pays.
Mais l'armée de Poutine bénéficie de renforts venus de Tchétchénie.
Ramzan Kadyrov, président de cette république russe du Caucase, a mobilisé 10.000 soldats de ses forces spéciales.

Aucun répit pour l'armée ukrainienne. Malgré une violente offensive généralisée, et sur plusieurs fronts, l'armée russe peine encore à prendre l'avantage dans les grandes villes du pays, notamment à Kiev et Kharkiv. Pire, elle semble payer un lourd tribut. D'ailleurs, Moscou a reconnu pour la première fois dimanche avoir subi des pertes, sans toutefois donner un chiffre. "Les militaires russes font preuve de courage en exécutant leurs missions de combat [...]. Malheureusement, il y a des morts et des blessés. Mais nos pertes sont bien moindres", a assuré le porte-parole du ministère de la Défense, Igor Konachenkov. De son côté, le gouvernement ukrainien parle de plus de 5300 soldats russes tués, auxquels s'ajoutent d'importantes pertes matérielles (29 avions, 29 hélicoptères et 191 tanks, entre autres). 

La situation pourrait ne pas durer tant le rapport de force reste déséquilibré. D'autant plus que l'armée russe n'est pas seule sur le terrain. La Tchétchénie, une des républiques constitutives de la fédération de Russie, est sur le pied de guerre. Son président, Ramzan Kadyrov - proche allié du président russe, qui l'a placé à ce poste - a mobilisé 10.000 soldats de ses forces spéciales. Reconnues pour leur brutalité, ces unités vêtues de noir utilisent des méthodes souvent illégales. Intimidation, terreur et torture sont leurs maîtres mots. D'ores et déjà dépêchées sur le front de Kiev, elles pourraient être utilisées pour saper les défenses de la capitale ukrainienne. 

Une force pour traquer le président ukrainien ?

De manière plus officieuse, ces nouvelles troupes pourraient aussi s'en prendre à Volodymyr Zelensky, qui se dit "cible numéro un" du Kremlin. "J’aimerais donner un conseil à l’actuel président Zelenskyy, avant qu’il ne devienne l’ex-président de l’Ukraine", a d'ailleurs menacé Ramzan Kadyrov. "Qu’il se dépêche d’appeler notre président, le commandant en chef Vladimir Poutine, et lui demande pardon de ne pas l’avoir fait plus tôt. Il doit faire ce pas pour sauver l’Ukraine et le peuple ukrainien. Il doit demander pardon et accepter toutes les conditions que la Russie exige actuellement", martèle-t-il.

Ces renforts pourraient n'être qu'un début, 70.000 soldats Tchétchènes se tenant prêts à intervenir, rapporte le site Chechnya Today. "Ce sont des volontaires qui sont prêts à participer à n’importe quelle opération spéciale à tout moment pour protéger notre État et notre peuple", a clamé le chef d'État de cette république du Caucase, réintégrée à la fédération de Russie après un violent conflit long de dix années (1999 à 2009). 

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Pour ne rien arranger, selon plusieurs sources, la Biélorussie s'apprêterait également à entrer officiellement dans le conflit. Jusque-là base arrière de son allié russe, le pays d'Alexandre Loukachenko pourrait, à son tour, envoyer des unités chez son voisin ukrainien. En outre, Minsk a entériné dimanche une réforme constitutionnelle (adoptée à 65 % par la population de cette ex-république de l'Union Soviétique), qui ouvre notamment la porte au déploiement d'armes nucléaires sur son territoire.


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