Volodymyr Zelensky s'est rendu au Royaume-Uni ce mercredi pour la première fois depuis le début de la guerre.
Attendu dans la soirée à Paris, le président ukrainien pourrait également se déplacer à Bruxelles jeudi.
Que vient-il y faire ?

Une tournée diplomatique inattendue. Près d'un an après le début de la guerre en Ukraine, Volodymyr Zelensky n'a (presque) jamais quitté son pays. Sa visite à Washington, pour y rencontrer le président américain Joe Biden en décembre dernier, était son seul déplacement à l'étranger. Jusqu'ici.

Ce mercredi 8 février, le chef d'État ukrainien a entamé une série de rendez-vous en Europe de l'Ouest. Reçu à Londres par le Premier ministre britannique Rishi Sunak, avant de rencontrer le roi Charles III, il est attendu à Paris ce mercredi soir, nous ont indiqué des sources concordantes. Jeudi, il pourrait même assister à un sommet de l'Union européenne à Bruxelles, indiquaient en début de semaine des sources européennes à l'AFP. Avec plusieurs demandes dans ses valises.

Réclamer de nouvelles armes

La première concerne l'armement dont disposent les troupes ukrainiennes. Ces dernières semaines, Volodymyr Zelensky n'a cessé de réclamer aux pays alliés des chars lourds pour contrer l'armée russe sur le terrain. Après quelques tensions, il a finalement été entendu, et plusieurs pays ont promis d'en livrer dans les prochains mois. Alors le président ukrainien récidive, cette fois avec des avions de combat.

"Je vous demande, à vous et au monde - des mots simples, mais pourtant très importants : des avions de combat pour l'Ukraine, des ailes pour la liberté", a-t-il déclaré après son arrivée au Royaume-Uni, du haut des marches de Westminster Hall, la plus ancienne salle du Parlement. "Je quitte le Parlement en vous remerciant par avance pour les puissants avions britanniques", dont ses troupes ont besoin, a-t-il insisté, après avoir offert au président de la chambre des Communes le casque d'un pilote ukrainien, un des "rois" de l'armée ukrainienne.

Un peu plus tôt, au cours d'un échange avec le chef du gouvernement britannique Rishi Sunak à Downing Street, Volodymyr Zelensky avait aussi demandé à ses alliés occidentaux de lui fournir les "armes nécessaires" pour stopper l'invasion russe et "libérer tous les territoires ukrainiens provisoirement occupés". Une demande qu'il devrait réitérer à son arrivée à Paris ce mercredi soir.

Afficher le soutien des alliés de Kiev

Son passage en Europe de l'Ouest est également symbolique. Après Joe Biden, Volodymyr Zelensky s'affiche aux côtés de Rishi Sunak, du roi Charles III, et, plus tard dans la soirée, d'Emmanuel Macron et du chancelier allemand Olaf Scholz. Des images pas si communes depuis un an - le président de la République s'était rendu à Kiev en juin dernier - qui symbolisent le soutien des alliés à l'Ukraine.

À Londres, comme précédemment à Washington, l'ancien comédien a été accueilli en héros, près d'un an après le déclenchement de la guerre. Depuis le 24 février dernier, les pays occidentaux ne cessent de répéter leur soutien à Kiev face à l'invasion russe. La visite du président ukrainien dans les capitales de l'ouest de l'Europe permet de l'afficher à nouveau.

"Tout est symbolique", confirme sur LCI Volodymyr Poselsky, président de l'ONG Ukraine en Europe, enseignant à l'Inalco. "Cette visite à Londres et à Paris a été préparée depuis plusieurs semaines. Il était logique qu'il se rende d'abord à Londres, car Boris Johnson (ancien Premier ministre britannique, ndlr) s'est rendu le premier à Kiev, en avril dernier. Et à Paris, il s'agit de la première visite de Volodymyr Zelensky dans un pays de l'Union européenne."

Réitérer sa demande d'adhésion à l'Union européenne

Dans la capitale française, aux côtés des dirigeants des deux pays moteurs de l'Europe, puis éventuellement jeudi à Bruxelles, Volodymyr Zelensky devrait également évoquer les envies d'adhésion de son pays à l'UE. Depuis juin 2022, l'Ukraine est officiellement candidate à intégrer les Vingt-Sept. Les plus hauts responsables de l'Union européenne s'étaient déjà réunis vendredi dernier à Kiev pour afficher leur soutien au processus d'adhésion de l'Ukraine.

"L'Ukraine appartient à l'Europe, son avenir est dans l'Union européenne", arguait plus tôt dans la journée Olaf Scholz devant le Bundestag, avant même l'annonce de sa rencontre avec Volodymyr Zelensky. Le ton ne devrait guère être différent dans les prochaines heures.


Idèr NABILI

Tout
TF1 Info